14.05.2020 à 08:52

MultisportsLe sport amateur est soulagé

Le Conseil fédéral a promis mercredi un soutien substantiel au sport populaire, à fonds perdu. Les représentants des associations sont satisfaits.

par
Sport-Center
Les associations en difficulté vont pouvoir se remettre à l'endroit.

Les associations en difficulté vont pouvoir se remettre à l'endroit.

Keystone

Pour le sport associatif, l’annonce de Viola Amherd est à la fois un soulagement et une reconnaissance. Mercredi, la cheffe du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports a annoncé l’octroi à fonds perdu de 50 millions de francs supplémentaires destinés au sport amateur pour 2020, ainsi qu’une rallonge de 100 millions pour 2021. Ces 150 millions s’ajoutent aux 50 millions déjà attribués, au mois de mars.

«C’est une bonne nouvelle, commente David Sueur, président du Judo Kwaï Lausanne. Je suis soulagé que le Conseil fédéral ait pensé au sport associatif. Il était important que nos autorités prévoient également une aide à plus long terme.» Lors de la première annonce du 20 mars, le dirigeant s’était insurgé de la répartition des 100 millions promis (50 millions pour le foot et le hockey et 50 millions pour le sport populaire). Avec l’argument que «91% des clubs suisses enseignant une discipline autre que l’un des deux sports majeurs regroupent 85% des licenciés sportifs, soit 1,7 million de personnes.»

Cette fois, l’irritation a fait place au sourire. «C’est une bonne nouvelle pour tous les sports, insiste pour sa part Claudio Staricco, président de l’Association genevoise de natation. Tous les clubs souffrent de la situation actuelle. Beaucoup de parents ont demandé le remboursement des cours annulés. Des championnats de Suisse et des compétitions de haut niveau n’ont pas pu avoir lieu. Des frais ont été engagés dans l’organisation de ces manifestations. Cet argent va faire du bien.»

Quelle part du gâteau?

Encore faut-il savoir qui aura droit à une part du gâteau. Selon Viola Amherd, les associations devront prouver qu’il y a eu un dommage, avant d’être indemnisé. Et que les pertes présentent un risque existentiel pour les entités.

«J’espère qu’on encouragera aussi les organisateurs dont la situation financière est saine et qui ont dû faire face à de grosses difficultés, s’inquiète Patrice Iseli, chef du Service des sports de Lausanne. Et pas uniquement des entités qui doivent être sauvées de la faillite. Je prends pour exemple les 20 KM de Lausanne. L’événement a subi des pertes importantes de par l’annulation de l’événement. Il mériterait d’être soutenu.»

Dans le cas du Judo Kwaï, David Sueur ne pense pas profiter de cette manne. «Nous avons déjà obtenu les RHT, ce qui nous a beaucoup aidés, assure-t-il. Comme nous ne présentons heureusement pas de risques existentiels pour le moment, nous ne solliciterons pas l’aide de la Confédération. D’autres en auront sans doute plus besoin que nous. Nous allons essayer de nous en sortir avec ce que l’on a. Mais en cas de deuxième vague du coronavirus, nous pourrions changer d’avis.»

Politique commune

En revanche, on voit mal comment une ville comme Lausanne pourrait y renoncer. «L’aide à fonds perdu est une très bonne chose, car les prêts ne font très souvent que repousser le problème, souligne Patrice Iseli. C’est une très bonne nouvelle de voir que la Ville et le Canton ne sont pas les seuls à soutenir le sport populaire. Ces associations devront bien sûr démontrer qu’elles ont subi des dommages financiers réels. Nous ne voulons pas qu’une organisation dégage un bénéfice en ayant annulé un événement.»

Les caissiers et les présidents de clubs vont pouvoir retrouver le sommeil.

Pierre-Alain Schlosser

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