28.02.2016 à 13:46

ParisLe stand Charal pris pour cible par des éleveurs

Le plus gros groupe d'abattage de France refuse tout dialogue sur les prix avec les éleveurs. Ceux-ci ont voulu dénoncer la situation.

Des éleveurs bovins ont aspergé, avec un extincteur et de la farine, le stand de Charal, marque du groupe Bigard No 1 de l'abattage en France, pour dénoncer sa politique de prix, dimanche au Salon de l'Agriculture à Paris.

«Quand Bigard prend 100 euros il y a en 8 pour le producteur» ont expliqué au public les éleveurs en tee-shirt rouges, barrés de l'inscription «Notre métier a un prix», tout en distribuant de faux billets de 100 euros.

«Quand vous payez la viande entre 17 et 20 euros le kilos, sachez qu'on nous la paye à nous 2,50 à 3 euros», commentait également au mégaphone Pierre Vaugarny, secrétaire général de la Fédération nationale bovine (FNB), qui appelait à la manifestation avec le soutien de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA).

Pas de discussion possible

Pour Pierre Vaugarny, l'objectif de cette brève manifestation était d'attirer l'attention du public sur la toute-puissance du groupe Bigard, qui totalise la moitié des capacités d'abattage en France et qui refuse tout dialogue avec la profession. «Même quand le ministre le convoque, Monsieur Bigard refuse de venir s'expliquer», a-t-il déploré.

L'été dernier le groupe avait refusé de participer à la fixation d'un prix minimum d'achat aux producteurs de viande, lors des tables rondes organisées au ministère.

Le responsable syndical explique aussi aux visiteurs du Salon le concept de «minerai», ce composé de résidus de viande mêlés de graisse et de collagène utilisé notamment pour les plats préparés, qui traduit une notion purement industrielle et commerciale de matière première. «Parler de minerai est symbolique de la dérive industrielle qui est derrière», insiste-t-il. «Quelle viande achète le consommateur au juste? Moi je rêve que vous veniez chercher du charolais, ou de la blonde d'Aquitaine.»

Revalorisation réclamée

Depuis l'été dernier les éleveurs bovins confrontés à uns stagnation des cours réclament une revalorisation de leurs produits pour équilibrer leurs coûts de production et désigne les transformateurs et la grande distribution comme les principaux responsables de leur marasme.

Le groupe Bigard revendique quant à lui un chiffre d'affaires annuel de 4,3 milliards d'euros (4,77 milliards de francs) et emploie 14'000 salariés.

Excuses publiques au président

Le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, Xavier Beulin, a présenté dimanche des «excuses» après les insultes prononcées à l'encontre du président François Hollande, lors de l'inauguration du Salon de l'Agriculture samedi à Paris. «Ça n'est pas respectable, ni pour la fonction, ni pour la personne», a-t-il affirmé, insistant toutefois sur le fait que ces réactions traduisaient la colère et le désespoir des producteurs.

(AFP)

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