Philippines – Le successeur désigné de Duterte se retire de la présidentielle
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PhilippinesLe successeur désigné de Duterte se retire de la présidentielle

La sortie soudaine du sénateur Christopher Go réduit le champ des candidats en lice pour remplacer Rodrigo Duterte, à qui la Constitution interdit de briguer un second mandat.

Christopher Go et Rodrigo Duterte en octobre 2021 à Manille.

Christopher Go et Rodrigo Duterte en octobre 2021 à Manille.

AFP

Le candidat désigné par le président philippin Rodrigo Duterte à sa succession a annoncé mardi son retrait de la course à la présidentielle 2022, estimant que ce n’était «pas encore (son) heure».

Le sénateur Christopher Go, proche collaborateur du président, s’était lancé dans la course à la plus haute fonction du pays deux jours avant la date limite du 15 novembre, après s’être précédemment inscrit à l’élection de la vice-présidence.

«Ma famille ne le souhaite pas non plus, alors je me suis dit que ce n’était peut-être pas encore mon heure», a déclaré Christopher Go à la presse.

Sa sortie soudaine réduit le champ des candidats en lice pour remplacer Rodrigo Duterte, à qui la Constitution interdit de briguer un second mandat de six ans, mais qui candidate au Sénat.

«Comme un père»

Christopher Go a déclaré que sa décision de se retirer visait également à éviter de causer «plus de problèmes» à Rodrigo Duterte, qu’il a déclaré aimer «plus que comme un père». «Je lui reste fidèle et je promets d’être avec lui pour toujours», a déclaré Christopher Go, ajoutant que «ces derniers jours, je me suis rendu compte que mon cœur et mon esprit sont en contradiction avec mes propres actions».

La plupart des analystes donnaient peu de chances dans l’élection de mai au candidat, qui était cependant le plus susceptible de protéger Rodrigo Duterte des accusations criminelles auxquelles il fait face aux Philippines et d’une enquête de la Cour pénale internationale sur sa meurtrière guerre contre la drogue.

«Dès le début, il a lancé une campagne tiède et il est absolument évident qu’il y a été poussé par le président Duterte», a déclaré Jean Encinas Franco, professeure de sciences politiques à l’Université des Philippines.

«Force politique»

Le fils et homonyme de l’ancien dictateur Ferdinand Marcos a une nette avance dans la course, talonné par la vice-présidente sortante critique de Duterte, Leni Robredo, le célèbre maire de Manille Francisco Domagoso et le boxeur de renom Manny Pacquiao, selon un récent sondage de l’institut de référence Social Weather Stations.

Ancien allié de la famille Marcos, exilée aux États-Unis, Rodrigo Duterte avait récemment critiqué Marcos Jr, qu’il a qualifié de «leader faible (…) et accablé de fardeaux». Quant à sa fille Sara Duterte, qui était attendue dans la course, elle a déposé sa candidature à la vice-présidence et a formé une alliance avec Marcos Jr.

La sortie de Christopher Go de la course électorale pourrait ainsi renforcer la «force politique» de cette alliance selon Jean Encinas Franco.

(AFP)

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