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VoileLe Sultanat d'Oman, dans le sillage de Sinbad le Marin (PAPIER D'ANGLE)

Par Hervé GUILBAUD

MASCATE, 1 mars 2016 (AFP) - Le Sultanat d'Oman entend renouer avec son riche patrimoine maritime, illustré par des légendes comme celles de Sinbad le Marin, et a mis en place une structure, Oman Sail, qui a déjà fait découvrir la voile à quelque 20.000 jeunes hommes et femmes.

L'ambition de cette "initiative nationale", qui a coorganisé les régates des America's Cup World Series (ACWS) samedi et dimanche derniers à Mascate, est sans équivalent au Moyen Orient.

Grâce à Oman Sail, quatre écoles de voile sont déjà opérationnelles, sur un total de sept programmées. Celle de The Wave Muscat, à proximité immédiate de la capitale, n'a rien à envier aux plus modernes installations du même type en Europe: belle flotte d'Optimist, de Laser et de dériveurs en double, douches, salle de musculation, rampe de mise à l'eau, etc.

Le tout flambant neuf et bien encadré, avec de la graine de champions à revendre et l'espoir de qualifier un Laseriste pour les jeux Olympiques de Rio cet été, ce qui serait une première dans l'histoire du Sultanat.

Plusieurs marinas sont déjà construites, comme celles d'Almouj (The Wave Muscat), Mussanah (à 85 km au nord de Mascate) et Jebel Sifah (45 km au sud).

Lancée en 2008, Oman Sail -qui emploie 207 personnes au total dont 82% d'Omanais- souhaite ainsi contribuer au développement du tourisme et attirer les investissements étrangers dans ce pays d'environ 4 millions d'habitants, oasis de stabilité dans la région.

Le directeur exécutif d'Oman Sail, le Britannique David Graham, insiste sur l'"omanisation" progressive de cette structure. "Je ne serai pas toujours là", affirme-t-il dans un entretien avec l'AFP. "Et quand je me retirerai, les Omanais prendront les rênes."

Sur le plan international, Oman Sail s'est déjà fait connaître en participant à des courses comme le Tour de France à la voile, les Extreme Sailing Series (ESS), la Route du Rhum, la Transat Jacques-Vabre et le Sailing Arabia-The Tour, dont la 6e édition s'est achevée lundi sur la victoire du Français Sidney Gavignet.

Oman Sail avait même projeté de participer à la Volvo Ocean Race 2017-2018, la course autour du monde en équipage avec escales, comme l'a fait Abu Dhabi dans les deux dernières éditions, avec une victoire à la clef en 2015.

L'effondrement des prix du pétrole, principale source de devises du Sultanat, a (provisoirement) tout gelé. "Ce n'était pas le moment idéal pour continuer", reconnaît David Graham, précisant que la décision de "suspendre" le projet ("mais absolument pas de l'enterrer") avait été prise "il y a trois mois".

"Je n'ai aucun doute sur le fait que nous participerons (un jour) à la Volvo Ocean Race", poursuit-il. "Nous sommes prêts".

Oman Sail est financée par le gouvernement omanais et le secteur privé, explique David Graham, ajoutant que la part des entreprises et des sponsors ne cesse d'augmenter. "C'est de l'argent bien dépensé", assure-t-il, et "chaque dollar investi dans Oman Sail en rapporte huit". Et cela, "avant même que la Coupe de l'America ne fasse escale à Oman".

heg/mam

(AFP)

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