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Tuerie de ChevalineLe suspect travaille à Genève

Fou d'armes, un ex-policier de 48 ans, devenu agent de sécurité à Genève, est depuis hier en garde à vue, suspecté d'être l'auteur de la tuerie.

par
Valérie Duby et Anne-Florence Pasquier
A l'aide de détecteurs de métaux, les gendarmes examinent les abords d'une maison dans le village de Talloires.

A l'aide de détecteurs de métaux, les gendarmes examinent les abords d'une maison dans le village de Talloires.

Jean-Pierre Clatot/AFP

Un lotissement coquet, dans un quartier chic, tout proche du lac d'Annecy, soudainement envahi par un ballet de véhicules de la gendarmerie française avec des camions remplis de détecteurs de métaux. Hier après-midi, plusieurs maisons du hameau de Perroix, sur la commune de Talloires, en Haute-Savoie, ont été le théâtre d'une perquisition de grande ampleur. En cause, la piste d'un éventuel nouveau suspect de la tuerie de Chevaline perpétrée le 5 septembre 2012, causant la mort d'un cycliste, Sylvain Mollier, et de la famille Al-Hilli, dont le père Saad, son épouse et sa belle-mère, leurs filles ayant survécu à ce carnage.

E. D., un Français de 48 ans, a été interpellé par le GIGN vers 10 h dans le village de Lathuile, juste à quelques kilomètres de la scène du crime. «Un endroit glauque, on n'ose plus y retourner depuis ce qui s'est passé», raconte une habitante qui brûle d'impatience de connaître l'identité de ce suspect. «J'évite d'utiliser le mot «suspect» pour l'instant, tient à préciser Eric Maillaud, procureur de la République d'Annecy, au média français 20 Minutes.fr. Cette personne présente une forte ressemblance avec le portrait-robot d'un motard dont on sait qu'il était présent à proximité de la scène du crime mais dont on ignore le rôle.»

Une ressemblance troublante

Le 4 novembre 2013, le portrait-robot d'un motard aperçu sur les lieux, portant un bouc et un casque est diffusé. Alors déjà, au bar du coin à Talloires, on rigolait. «T'as vu, il te ressemble», lançaient des clients du bistrot à un habitué. Ils rigolent moins aujourd'hui: l'habitué en question est bien en garde à vue! Il s'agirait d'un ex-brigadier-chef de Menthon-Saint-Bernard, décoré par la médaille d'argent de l'honneur régional, marié, deux enfants, qui «vivait comme un marginal». Licencié en octobre dernier, il serait parti de Menthon-Saint-Bernard pour habiter chez des gens de Perroix. Il a ensuite acheté une maison qu'il aurait relouée à une famille, selon une information de la presse locale. Le Français, originaire de Haute-Savoie, a ensuite trouvé un travail en tant qu'agent de sécurité à Genève. Il serait aussi propriétaire d'un pick-up 4x4. Il n'a pas de casier judiciaire, mais un habitant du quartier nous a confié son caractère violent: «Un soir, j'ai bien failli me battre avec lui, il était comme hystérique.»

Téléphone portable analysé

Auditionné durant les perquisitions à Chambéry, le Français aurait été trahi par son casque, selon la presse britannique. Il n'y aurait que quelques policiers français qui portent cette marque de casque avec des visières ouvertes sur les côtés. Mais ce qui a mené les enquêteurs sur sa piste est son amour pour les armes. Un policier municipal de Doussard nous raconte qu'il avait, dès le début de l'enquête, été auditionné par les enquêteurs pour connaître les férus d'armes de la région. Un espoir pour la poursuite de l'enquête de retrouver enfin l'arme présumée du crime, un pistolet Luger P06, dont on n'a relevé que des éclats de crosse cassés sur les lieux juste après la tuerie.

Selon «Le Dauphiné libéré», de nombreuses armes ont été découvertes, en début de soirée, à son domicile. «La présence de ces armes confirme la passion de cet homme, collectionneur d'armes anciennes», souligne une source proche de l'enquête. Un examen du téléphone portable du suspect effectué hier le situe dans la zone proche de la scène le jour du crime, selon des sources proches de l'enquête. Le procureur en charge de l'affaire a prévu une conférence de presse aujourd'hui à 14 h à Annecy.  

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