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Prix NobelLe suspense monte à la veille de la saison 2012

La saison 2012 des prix Nobel débute lundi avec le prix de médecine. Les spéculations vont bon train, notamment sur le prix de physique. La découverte du boson de Higgs au CERN a toutes ses chances.

Le prix de physique, qui sera annoncé mardi 9 octobre, a pris cette année un tour inhabituel avec la découverte en juillet d'une nouvelle particule fondamentale qui pourrait être le boson de Higgs.

Le prix de physique, qui sera annoncé mardi 9 octobre, a pris cette année un tour inhabituel avec la découverte en juillet d'une nouvelle particule fondamentale qui pourrait être le boson de Higgs.

Keystone

C'est lundi vers 11 heures 30 avec l'annonce du ou des lauréats du prix de médecine que les choses sérieuses commencent. Cette saison ne se distingue pas des précédentes et les prestigieux prix de la Paix et de la littérature attirent le plus l'attention.

Les sites internet de paris sont devenus un passage obligé pour tous les spéculateurs, les prévisions des parieurs étant parfois curieusement justes, ce qui alimente les soupçons de fuites au sein des comités d'attribution des prix.

Cette année, la Mère Teresa des bidonvilles du Caire, la nonne copte Maggie Gobran, est favorite du prix de la paix sur le site Unibet avec une cote de 6,5 contre 1.

Plus de deux cents

Quelque 231 candidats sont en lice pour ce prix, qui apparaît cette année sans clair favori. Le lauréat sera annoncé le vendredi 12 octobre.

Le chef de l'Institut de Recherche pour la Paix d'Oslo, Kristian Berg Harpviken, qui suit de près les travaux du comité Nobel, publie chaque année une liste des possibles lauréats.

Elle comprend Gene Sharp, un expert américain de la révolution non-violente, l'ONG russe de défense des droits de l'Homme Memorial et sa fondatrice Svetlana Gannoushkina, un média russe indépendant l'Echo de Moscou et son rédacteur en chef Alexeï Venediktov.

La militante afghane des droits de l'Homme, ancienne ministre et opposée au port de la burqa Sima Samar est aussi une favorite, tout comme le défenseur cubain des droits de l'Homme, Oscar Elias Biscet.

Pour le prix de la littérature, les parieurs penchent pour l'Asie. Le Chinois Mo Yan et le Japonais Haruki Murakami se partagent les premières places sur le site internet d'Unibet.

Un Américain du Nord?

A Stockholm, plusieurs experts estiment que l'Académie suédoise, qui décerne le prix, pourrait choisir une femme ou un Nord-Américain.

Parmi les noms qui circulent, on trouve celui de l'auteure canadienne de nouvelles, Alice Munro, un genre qui n'a jamais été récompensé par le Nobel, de l'Américain Don DeLillo et du Somalien Nuruddin Farah, tous deux romanciers.

«On peut penser que ce sera un auteur d'Amérique du Nord, un homme peut-être comme Don DeLillo ou Philip Roth», a déclaré Elisabeth Grate, qui dirige sa propre maison d'édition.

Conformément à la tradition, et à la différence des autres prix, la date de l'annonce du prix de littérature n'est révélée que quelques jours avant. C'est habituellement un jeudi. L'annonce pourrait donc intervenir le 11 octobre.

Pour le prix de médecine, les médias suédois ont mentionné le Japonais Shinya Yamanaka et le Britannique John Gurdon comme potentiels récipiendaires pour leurs recherches sur la reprogrammation nucléaire, une technique qui permet de transformer des cellules adultes en cellules souches capables de créer tous types de tissus du corps humain.

Au CERN?

Le prix de physique, qui sera annoncé mardi 9 octobre, a pris cette année un tour inhabituel avec la découverte en juillet d'une nouvelle particule fondamentale qui pourrait être le boson de Higgs. Cette percée majeure est considérée comme pouvant largement prétendre à un Nobel.

Les noms des lauréats du prix de chimie seront révélés mercredi 10 octobre. Selon SR, le Suédois Svante Pääbo, fils du lauréat de médecine de 1982, pourrait être récompensé pour ses travaux sur l'ADN de l'homme de Néandertal.

Le prix d'économie, très souvent attribué à des Américains, est le dernier à être annoncé, lundi 15 octobre.

Cette année, crise économique oblige, la Fondation Nobel a diminué le montant du prix de 20% le fixant à 8 millions de couronnes (930.940 euros) contre 10 millions depuis 2001.

Le boson?

Le 4 juillet dernier, le Cern annonçait la découverte d'une nouvelle particule élémentaire, vraisemblablement le fameux boson de Higgs: la fin de décennies de traque effrénée mais le début de la migraine pour le comité chargé de décerner le prix Nobel de physique.

Pour les scientifiques de tout poil, il ne fait aucun doute qu'avoir débusqué le chaînon manquant dans la théorie des particules élémentaires est un exploit historique qui doit un jour ou l'autre être couronné par un Nobel.

Le boson de Higgs, qui explique notamment pourquoi certaines particules ont une masse et pas d'autres - et par conséquent pourquoi l'Univers existe tel que nous le connaissons -, est «à la physique ce que la découverte de l'ADN est à la biologie», tranche Peter Knight, président de l'Institut de Physique britannique.

«Je ne vois pas ce qui pourrait faire concurrence au boson de Higgs» pour recevoir le prix Nobel, déclare de son côté le physicien français Etienne Klein (Commissariat à l'énergie atomique).

Si le comité Nobel en décide ainsi mardi prochain à Stockholm, à qui peut-il attribuer le prix ? Le dilemme est de taille.

Certes, le boson est associé pour le grand public au Britannique Peter Higgs, 83 ans, mais celui-ci reconnaît volontiers qu'il n'a pas la paternité exclusive de la théorie qui a formulé l'existence de la fameuse particule.

Six physiciens au total, chacun s'inspirant des travaux des autres, ont publié des «papiers» pour échafauder cette théorie en 1964, en l'espace de seulement quatre mois.

Et comme en physique, rien n'est jamais simple, il aura fallu mobiliser des milliers de physiciens du monde entier, réunis dans deux expériences distinctes hébergées à Genève par le LHC, le Grand collisionneur de hadrons du Cern, pour parvenir l'été dernier à la découverte du boson prédit par les théoriciens presque cinquante ans plus tôt.

Pour corser le tout, si une nouvelle particule a bien été découverte et qu'elle ressemble fort au boson de Higgs, il faut encore procéder à des mesures complémentaires pour confirmer qu'il s'agit bien de la «fichue particule». Le comité Nobel pourrait donc choisir d'attendre 2013.

(AFP)

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