Coronavirus - Le syndrome inflammatoire se répand chez les enfants indiens
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CoronavirusLe syndrome inflammatoire se répand chez les enfants indiens

Plus de 2000 cas de cette maladie liée à la pandémie ont été recensés dans le pays, touchant essentiellement les 5-15 ans. En Suisse, 92 enfants ont été atteints.

par
Michel Pralong
Alors que seul trois cas avaient été enregistrés en Inde en 2020, ils explosent chez les enfants lors de la deuxième vague de coronavirus.

Alors que seul trois cas avaient été enregistrés en Inde en 2020, ils explosent chez les enfants lors de la deuxième vague de coronavirus.

AFP

Les enfants ne développent généralement pas ou peu de symptômes s’ils sont contaminés par le coronavirus. Du moins, pas immédiatement. Mais depuis avril 2020, des cas d’une maladie particulière ont commencé à être recensés à travers le monde. Ce que les médecins ont appelé le syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PIMS-TS) ne survient que chez les enfants et apparaît quelque temps après avoir contracté le coronavirus. La maladie est potentiellement mortelle, mais les décès sont très rares.

Alors que l’Inde n’avait observé que trois cas l’an dernier, le pays, frappé par une deuxième vague extrêmement forte de la pandémie, fait face aujourd’hui à une très nette augmentation de ce syndrome. Plus de 2000 cas ont en effet été recensés, dont 200 rien qu’à Delhi, écrit le «Daily Mail». Cette maladie affecte essentiellement les enfants entre 5 et 15 ans et apparaît entre deux et six semaines après l’infection.

Crucial de faire un diagnostic précoce

Fièvre, inflammation des organes et troubles gastro-intestinaux sont le plus souvent observés, avec des symptômes proches de ceux provoqués par un choc toxique. 70% des enfants touchés nécessitent des soins intensifs. Selon le Dr Harish Pemde, directeur de la pédiatrie au Lady Hardinge Medical College de Delhi, ce syndrome peut entraîner une insuffisance cardiaque, respiratoire ou rénale. «La qualité de vie à long terme des enfants qui se rétablissent dépend de la gravité de l’atteinte des organes, a-t-il expliqué au «Times». Il est donc crucial de diagnostiquer tôt la maladie, lorsqu’elle est assez facile à traiter».

98% des enfants atteints par ce syndrome dans le monde ont été testés positifs au coronavirus, ce qui montre que les deux sont liés. L’hôpital pour enfants de Philadelphie (USA) a observé l’apparition d’éruptions cutanées qui se produisent généralement sur les membres inférieurs, l’intérieur de la cuisse, la poitrine et les membres supérieurs. Elles se présentent le plus souvent sous la forme de cercles petits à moyens avec de minuscules taches rouges au centre. Une indication qui pourrait permettre aux médecins, s’ils observent ces marques, de faire les examens nécessaires pour savoir assez tôt si l’enfant est atteint du PIMS-TS.

92 cas sur 460 hospitalisations d’enfants en Suisse

En février 2021, une soixantaine d’enfants atteints par ce syndrome en Suisse avaient été enregistrés, poussant la task force sur le coronavirus à émettre des recommandations pour diagnostiquer cette maladie et à enrôler des enfants atteints pour effectuer des essais cliniques. Selon les derniers chiffres disponibles au 17 mai 2021, tirés de l’enquête de surveillance hospitalière (CH SUR), à laquelle participent une vingtaine d’hôpitaux, dont les hôpitaux universitaires, une maladie multisystémique est survenue chez 92 des 460 (20%) enfants et adolescents de moins de 18 ans enregistrés suite à une hospitalisation liée au coronavirus. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) précise que «seules les hospitalisations ayant fait l’objet d’un rapport de cas complet ont été prises en considération pour cette analyse. Cela exclut les patients encore hospitalisés et les sorties non signalées (ainsi que les cas admis dans des hôpitaux qui ne font pas partie de la surveillance hospitalière)».

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