06.10.2020 à 09:51

CoronavirusLe syndrome inflammatoire touche aussi les adultes

Découverts d’abord chez les enfants, ces symptômes post-Covid sont désormais constatés aussi sur des patients majeurs. Il y en a eu également en Suisse, au CHUV et aux HUG.

par
Michel Pralong
Les patients atteints de ce syndrome ont tous été en contact avec le coronavirus et souffraient tous d’inflammations mais sans présenter de troubles respiratoires sévères. 

Les patients atteints de ce syndrome ont tous été en contact avec le coronavirus et souffraient tous d’inflammations mais sans présenter de troubles respiratoires sévères.

iStockphoto

En avril dernier, plusieurs centaines de cas d’enfants souffrant d’un mystérieux syndrome inflammatoire ont commencé à être diagnostiqués à travers le monde, dont plusieurs en Suisse. Cette maladie grave, qui provoque des inflammations dans plusieurs organes du corps et est proche de celle de Kawasaki, a surtout frappé des enfants qui avaient été testés positifs au coronavirus ou qui étaient porteurs d’anticorps à la nouvelle pandémie. Alors que les enfants contaminés par le coronavirus ne présentent souvent que peu, voire pas du tout de symptômes, ce mal, appelé MIS-C (syndrome inflammatoire multisystémique, le C étant pour «children», soit enfant en anglais) pourrait donc être une conséquence post-infectieuse du coronavirus.

Jusqu’à présent, ce syndrome avait surtout été documenté chez des individus de moins de 20 ans. Mais des cas chez l’adulte ont commencé à faire leur apparition lors de la première vague de la pandémie. Vendredi 2 octobre, les Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC), organisme étatique américain, les mentionnaient pour la première fois et en dénombraient 26 aux États-Unis (et 1 en Grande-Bretagne), dont 16 sont décrits dans le détail, relate LiveScience.

Un contact avec le coronavirus

Ces 16 malades étaient tous âgés entre 21 et 50 ans et certains symptômes de ce qui est cette fois appelé MIS-A (pour adultes) étaient similaires à ceux observés chez les enfants. À savoir fièvre, troubles gastro-intestinaux et éruptions cutanées. Certains se plaignaient également de douleurs thoraciques ou des palpitations cardiaques. Mais tous avaient surtout des niveaux élevés de marqueurs d’inflammation. En outre, tous ces patients ont eu un test positif au coronavirus ou à ses anticorps, ce qui signifie que tous ont été en contact avec le virus.

Les enfants souffrant de ce syndrome ont souvent dû être hospitalisés et, sur les 935 cas signalés aux États-Unis, 19 décès ont été à déplorer. Sur les 16 cas d’adultes documentés, 10 ont dû être traités aux soins intensifs et deux sont morts. En revanche, contrairement aux symptômes directement liés au coronavirus, ces patients adultes ne présentaient pas ou peu de douleurs respiratoires.

Un à Lausanne, un à Genève

La Suisse a aussi connu plusieurs cas d’enfants atteints du MIS-C, comme lematin.ch l’écrivait en avril. Qu’en est-il des adultes? Le CHUV nous répond avoir eu un cas à peu près au même moment que les enfants, soit en mai dernier. Il s’agissait d’un jeune homme de 22 ans qui présentait un tableau très inflammatoire, avec des éruptions cutanées, de la fièvre et une insuffisance cardiaque. «Des symptômes très semblables à ceux des cas aux États-Unis», constate Oriol Manuel, médecin adjoint au service des maladies infectieuses et au centre de transplantation d’organes de l’hôpital vaudois. Le patient a dû être placé sous assistance circulatoire et a reçu un traitement anti-inflammatoire de tocilizumab, comme les patients américains. «Mais contrairement à eux, nous ne lui avons pas administré de la Dexaméthasone (anti-inflammatoire), ce que nous ferions probablement aujourd’hui que nous en savons plus sur ces traitements». Très sérieusement atteint dans sa santé, le jeune homme a toutefois pu être soigné et quitter l’hôpital. Il avait été testé positif au coronavirus, mais présent en très faible quantité dans son corps.

À Genève, aux HUG, «il semblerait que lors de la première vague de Covid, un.e patient.e adulte ait présenté des symptômes compatibles avec un syndrome inflammatoire», nous répond le service médias. Qui précise: «Toutefois, chaque maladie, et le coronavirus ne fait pas exception, peut de manière exceptionnelle se présenter sous une forme atypique, voire impressionnante. On ne peut donc pas tirer de conclusion sur l’existence chez les adultes d’un syndrome inflammatoire proche de celui observé chez quelques enfants.»

Des cas qui restent rares

C’est pourtant bien ce que semble conclure le rapport des CDC. Mais, comme, le Dr Oriol Manuel le rappelle également, les cas de MIS chez les adultes, comme chez les enfants d’ailleurs, sont rares. Toutefois, alors que jusqu’à présent, ces syndromes inflammatoires type Kawasaki ne s’étaient rencontrés que chez des enfants, c’est la première fois que les médecins les constatent chez des adultes. Les hôpitaux du monde entier sont maintenant avertis que cela peut constituer un effet après coup du coronavirus et savent mieux quelles réponses apporter. Mais, conclut LiveScience, «des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les causes exactes de cette maladie et ses effets à long terme».

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52 commentaires
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Comcoveliste

06.10.2020 à 13:14

Complotistes et Covidistes, unissez vous! La division ne sert que les intérêts des Machiavelistes.

Raisonnable

06.10.2020 à 13:07

A tous les flippés. Portez un masque ffp2 et vous ne risquez plus rien

Tex

06.10.2020 à 12:45

Au moins 10 articles par jour sur le Covid et l'enfumage en règle continue jusqu'à que les moutons se fassent inoculer un vaccin potentiellement plus dangereux que le virus lui-même. Les morts et les hospitalisations sont au plus bas et c'est ça qu'il faut bien comprendre. Un article positif ne ferait de mal à personne. Ce climat anxiogène est détestable.