Publié

JaponLe système de décontamination d'eau stoppé à Fukushima

Le système de décontamination d'eau radioactive ALPS a dû être arrêté en raison d'un problème survenu dans la nuit de vendredi à samedi.

1 / 73
Les travaux de décontamination des sols entrepris après l'accident nucléaire de Fukushima au Japon, essentiellement par décapage, ont permis de réduire de 80% les concentrations de césium radioactif. (Jeudi 12 décembre 2019)

Les travaux de décontamination des sols entrepris après l'accident nucléaire de Fukushima au Japon, essentiellement par décapage, ont permis de réduire de 80% les concentrations de césium radioactif. (Jeudi 12 décembre 2019)

Keystone
L'autorité japonaise de régulation nucléaire a estimé techniquement conformes aux nouvelles normes deux réacteurs nucléaires de la compagnie Tepco, une première pour cet opérateur considéré comme responsable de l'accident de Fukushima. (4 octobre 2017)

L'autorité japonaise de régulation nucléaire a estimé techniquement conformes aux nouvelles normes deux réacteurs nucléaires de la compagnie Tepco, une première pour cet opérateur considéré comme responsable de l'accident de Fukushima. (4 octobre 2017)

archive/photo d'illustration, Keystone
L'opérateur de la centrale accidentée de Fukushima, au nord-est du Japon, a commencé mardi à geler le dernier tronçon d'un mur de glace souterrain de 1,5 km. Il est destiné à empêcher la contamination radioactive des flux d'eau. (Mardi 22 août 2017)

L'opérateur de la centrale accidentée de Fukushima, au nord-est du Japon, a commencé mardi à geler le dernier tronçon d'un mur de glace souterrain de 1,5 km. Il est destiné à empêcher la contamination radioactive des flux d'eau. (Mardi 22 août 2017)

AFP

La compagnie gérante de la centrale accidentée de Fukushima a fait part samedi de l'arrêt du système de décontamination d'eau radioactive ALPS, qui venait tout juste d'être remis en service, à cause d'un problème technique.

Tokyo Electric Power (Tepco) s'est rendu compte dans la nuit de vendredi à samedi de l'existence d'un problème dans le débit d'une pompe de ce «système avancé de traitement de liquide» censé filtrer 62 éléments radioactifs (à l'exception des césium 134/137 retirés en amont et du tritium qui reste).

Tepco avait relancé une unité ALPS en test à chaud vendredi à 00H04 (jeudi 15H04 GMT) mais a dû la stopper à 22H37 (13H37 GMT)le même jour, sans pour le moment connaître la cause exacte de cette avarie.Entre-temps, 100 tonnes de liquide radioactif ont été traitées, ce qui est une goutte d'eau comparée avec l'énorme quantité de plus de 400.000 tonnes stockées dans des réservoirs ou accumulées dans les sous-sols du complexe atomique saccagé par le tsunami du 11 mars 2011.

Le dispositif ALPS avait déjà été testé en mars mais n'avait pas alors donné totale satisfaction. Il a été arrêté plusieurs mois pour remédier à ce qui ne fonctionnait pas correctement.Une seule des trois unités existantes avait été remise en exploitation vendredi, les autres devraient l'être dans quelques semaines.

ALPS est un des rouages-clefs de la stratégie de Tepco pour traiter les centaines de milliers de tonnes d'eau du site, une quantité qui augmente de jour en jour et qui ne pourra pas être stockée indéfiniment, d'autant que les réservoirs utilisés ne sont pas fiables. L'un d'eux a fui récemment et a jeté le doute sur les 300 autres du même type.Lors de la tenue vendredi d'une réunion d'une commission d'enquête parlementaire sur le problème de l'eau à Fukushima, le patron de Tepco, Naomi Hirose, a déclaré vouloir «purifier l'eau contenue dans les réservoirs d'ici à fin mars 2015 (terme de la prochaine année comptable)».

Le problème de l'eau radioactive a dégénéré en crise et Tepco est sous la pression du gouvernement japonais et de la communauté internationale pour en venir à bout, une partie de cette eau souillée s'écoulant aussi dans l'océan Pacifique voisin depuis les sous-sols inondés de la centrale.

Le gouvernement a déjà décidé d'allouer des fonds pour créer un «mur de glace» en sous-sol afin d'isoler les eaux contaminées sous la centrale des nappes souterraines. Il s'agira de faire passer dans des tuyaux verticaux une substance réfrigérante pour geler le sol alentour. La réalisation de cette muraille prendra néanmoins deux ans.D'autres fonds seront affectés à la mise en place de moyens supplémentaires de décontamination car ALPS ne saurait de toute façon suffire.

(AFP)

Votre opinion