Coup d'Etat: Le Tadjikistan condamne des «rebelles»
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Coup d'EtatLe Tadjikistan condamne des «rebelles»

Près de 200 personnes ont été envoyées en prison pour tentative de putsch dans cette république d'Asie centrale.

Des affrontements avaient eu lieu en septembre 2015.

Des affrontements avaient eu lieu en septembre 2015.

Archives, Reuters

Près de 200 personnes ont été condamnées à des peines de prison, parfois à vie, pour «rébellion» au Tadjikistan. Elles ont été sanctionnées après des affrontements meurtriers en septembre, a annoncé jeudi le Parquet de ce pays pauvre d'Asie centrale.

En septembre, des opérations policières lancées en réaction à une série d'attaques perpétrées par un groupe de rebelles avaient fait une cinquantaine de morts.

Coup d'Etat

Les autorités avaient alors accusé l'ancien vice-ministre de la Défense Abduhalim Nazarzoda, tout juste démis, d'avoir organisé ces attaques. Elles avaient estimé qu'il s'agissait d'une tentative de coup d'Etat menée avec le soutien de l'opposition islamique.

Selon le procureur général Iousouf Rakhmon, 170 partisans de l'ancien vice-ministre (lui-même mort dans les combats) et 25 opposants ont été condamnés à des peines de prison allant de cinq ans à la perpétuité.

Pour rétablir la peine de mort

«Les procès ont entièrement prouvé que les accusés étaient coupables» de «rébellion», a déclaré Ioussouf Rakhmon lors d'une conférence de presse à Douchanbé, précisant que plusieurs accusés restaient en détention dans l'attente de leurs procès.

Le procureur a également dit être en faveur du rétablissement de la peine de mort, abolie en 2004 dans ce pays dirigé d'une main de fer par le président Emomali Rakhmon.

Contre l'intégrisme religieux

Âgé de 63 ans, ce dernier a fait de la lutte contre l'intégrisme religieux une priorité dans ce pays laïc à majorité musulmane où une sanglante guerre civile entre le pouvoir procommuniste et des rebelles islamistes avait fait plus de 100'000 morts entre 1992 et 1997.

Les autorités ont pris en 2015 des mesures radicales pour contrer l'influence grandissante des extrémistes religieux, parmi lesquelles le rasage forcé des barbes, des restrictions pour le pèlerinage annuel à la Mecque et une campagne contre le port du hijab.

En août, le parti de la Renaissance islamique du Tadjikistan, seul parti islamique légal dans le pays, considéré comme modéré, a été interdit sur fond d'accusations de liens avec l'organisation EI.

(ats)

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