Jura - Le temps de payer à l’horodateur, il est verbalisé
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JuraLe temps de payer à l’horodateur, il est verbalisé

Un senior de 71 ans était en train de payer pour sa place de parc à l’Hôpital du Jura à Delémont quand la maréchaussée l’a verbalisé.

par
Vincent Donzé
Le conducteur a été verbalisé mardi dernier dans le parking de l’Hôpital du Jura.

Le conducteur a été verbalisé mardi dernier dans le parking de l’Hôpital du Jura.

Vincent Donzé

Un retraité désireux de rendre visite à son épouse hospitalisée a reçu une amende express, mardi dernier à Delémont, dans le parking de l’Hôpital du Jura. C’est son fils Julien qui relate les faits survenus à 15 heures: «Mon papa de 71 ans se rend à l’hôpital de Delémont pour visiter ma maman récemment opérée», dit-il pour planter le décor.

«Occupé à trouver une place de parking libre, il croise quatre policiers municipaux», poursuit le fils en relevant l’humeur «joviale» de son papa. La mission des pandores: verbaliser les mauvais payeurs. «C’est serein et un brin amusé par cette situation que mon papa gare sa voiture», relate Julien Félix.

Moteur encore chaud

Après avoir garé sa voiture, le retraité a marché jusqu’à l’horodateur pour payer sa place. «Après l’avoir fait, il repasse devant sa voiture au moteur encore chaud et quelle fut sa surprise d’y trouver, sur son pare-brise, une amende», relate son fils. «L’amende de 40 francs a été mise le temps qu’il se dirige vers l’horodateur et qu’il règle son parking», insiste Julien Félix.

Les agents ont informé le retraité sur la marche à suivre en cas de contestation: se rendre au poste de police. «C’est d’humeur un peu moins joviale que mon papa a rendu visite à ma maman, avec en tête d’aller également rendre visite au poste de police par après», indique le fils.

Pas humain

Au poste, le retraité apprend qu’il peut écrire un courrier pour contester l’amende, cette fois-ci au Tribunal de police. «Mon papa était inquiet pour ma maman. Lui coller une amende, ce n’est pas très humain», soupire Julien, convaincu que son père est resté poli face à un système très policé.

Commentaire du commissaire Roland Moritz: «Malheureusement, la procédure fait que, contrairement à ce qui se faisant «dans le temps», l’amende ne peut plus être simplement annulée sur-le-champ», relève-t-il. Mais un simple écrit suffit pour faire valoir ses droits.

Le commissaire Roland Moritz ne voudrait pas passer pour un fonctionnaire «hyper, hyper, hyper procédurier».

Le commissaire Roland Moritz ne voudrait pas passer pour un fonctionnaire «hyper, hyper, hyper procédurier».

Lematin.ch/Sébastien Anex

Roland Moritz comprend «ce qui pourrait s’apparenter à une injustice». Interpellé, le commissaire de la police municipale a répondu au mécontent: «Il arrive également, bien que rarement, que des amendes soient rédigées alors que justement le conducteur se trouve en train de régler son dû à l’horodateur», a-t-il écrit. En pareille situation, «une vérification se doit d’être effectuée afin de s’assurer du bien-fondé de l’argumentation du possible contrevenant».

Problème: «La législation en vigueur ne nous permet pas (plus) d’annuler une amende d’ordre aussi facilement, et la procédure idoine se doit d’être suivie». En cas de contestation, «il revient à l’agent verbalisateur uniquement de se prononcer quant au maintien de celle-ci, ou a contrario d’en proposer l’annulation à un magistrat». Une procédure pendant laquelle le délai de paiement de l’amende est suspendu.

Pas enjoué

«Comme vous n’êtes visiblement pas hyper, hyper, hyper content, je ne voudrais pas passer pour un fonctionnaire hyper, hyper, hyper procédurier», écrit le commissaire Roland Moritz, en précisant que le retraité n’était pas «enjoué» en présence des agents et du secrétariat. Sa conclusion: «L’idée n’étant de loin pas de maintenir une amende coûte que coûte, mais bien de faire preuve de compréhension, il n’en reste pas moins que la procédure imposée n’est pas le fait de notre choix», indique le commissaire, convaincu qu’une rapide solution «saura être trouvée».

Le mot de la fin appartient au commissaire: «Quoi qu’il en soit, on ne changera pas l’interprétation populaire qui veut que la police ne soit jamais au bon endroit et au bon moment, mais qu’elle est toujours là où elle ne devrait pas être». Pas faux…

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