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Attentat d'IstanbulLe tireur d'Istanbul s'est peut-être entraîné en Syrie

L'auteur de la tuerie dans une discothèque d'Istanbul semble aguerri aux techniques de combat, selon les services de sécurité turcs.

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Un Ouzbek est jugé à partir de lundi pour l'attentat sanglant dans une discothèque d'Istanbul la nuit du Nouvel An 2017. (Lundi 11 décembre 2017)

Un Ouzbek est jugé à partir de lundi pour l'attentat sanglant dans une discothèque d'Istanbul la nuit du Nouvel An 2017. (Lundi 11 décembre 2017)

Keystone
Des pans entiers du bâtiment ont été réduits à un tas décombres (Lundi 22 mai 2017).

Des pans entiers du bâtiment ont été réduits à un tas décombres (Lundi 22 mai 2017).

Keystone
Abdulkadir Masharipov a été écroué en Turquie. (Samedi 11 février 2017)

Abdulkadir Masharipov a été écroué en Turquie. (Samedi 11 février 2017)

Keystone

L'homme, dont la trace s'est perdue après l'attentat du Reina revendiqué par le groupe Etat islamique (EI), a rechargé son arme une demi-douzaine de fois et achevé des blessés qui gisaient au sol, selon des témoignages obtenus depuis dimanche par les enquêteurs.

D'après un barman du club cité par le quotidien Habertürk, le tireur a lancé plusieurs fois des engins explosifs durant la fusillade pour, semble-t-il, faire diversion et se donner le temps de recharger.

«L'agresseur avait l'expérience du combat. Il se pourrait qu'il ait combattu en Syrie pendant plusieurs années», estiment les services de sécurité. L'homme aurait été dirigé par l'EI, selon eux.

Toujours selon Habertürk, l'enquête de la police a révélé que le tireur était entré en Turquie par la Syrie et s'était rendu en novembre à Konya, une ville du centre de la Turquie. Il voyageait avec sa femme et deux enfants de façon à ne pas attirer l'attention.

L'agence de presse Dogan a par ailleurs diffusé une vidéo qui montre l'assaillant présumé se filmant alors qu'il déambule, sourire en coin, sur l'emblématique place Taksim très fréquentée par les touristes.

Piste au Kirghizstan

D'après plusieurs médias, la police serait à la recherche d'un homme de 28 ans de nationalité kirghize. L'autorité chargée de la sécurité au Kirghizstan a annoncé mardi qu'elle était en contact avec les autorités turques et qu'un homme avait en effet été interrogé par la police kirghize avant d'être relâché. Les autorités turques n'ont pas fait d'autre commentaire sur les progrès de l'enquête.

L'homme aurait été interrogé par le Comité de sécurité kirghize. Interviewé par des médias kirghizes, il aurait cependant nié son implication dans l'attentat, expliquant être arrivé le 1er janvier à Istanbul «pour affaires». Le service de presse du ministère kirghize des Affaires étrangères a jugé «improbable» son implication.

Plusieurs interpellations

Le porte-parole du gouvernement turc, Numan Kurtulmus, avait déclaré la veille que les autorités étaient sur le point d'avoir terminé l'identification du tireur, ceci après avoir rassemblé des empreintes digitales et des informations sur son apparence.

L'agence de presse publique turque Anatolie a rapporté que 14 interpellations avaient déjà été effectuées dans le cadre de cette enquête. Deux ressortissants étrangers ont été interpellés à l'aéroport Atatürk d'Istanbul, d'après la chaîne de télévision NTV. Pour l'agence de presse Dogan, 16 personnes au total sont actuellement en garde à vue, dont l'épouse de l'assaillant présumé.

Avant de passer à l'acte, le terroriste s'était apparemment filmé, faisant le tour de la place Taksim au centre d'Istanbul. Ce film a été diffusé mardi par les chaînes de télévision turques.

Orient en deuil

Plusieurs pays du Moyen-Orient et d'Afrique du nord ont célébré dans l'émotion les funérailles des victimes de l'attentat, pour la plupart des jeunes, le dernier bilan faisant état de 39 morts. Au moins 20 des 39 personnes tuées étaient originaires de ces pays. L'émotion était ainsi vive mardi au Liban, où une heure de deuil national a été observée après la mort de trois jeunes ressortissants.

«Le terrorisme n'a pas de religion, il nous vise tous, il vise les gens qui aiment la vie», a déclaré le Premier ministre libanais Saad Hariri en accueillant les dépouilles à l'aéroport de Beyrouth.

En Israël, des milliers de personnes, certaines en larmes, ont accompagné le cercueil d'une Arabe israélienne de 18 ans à Tira (centre), où la plupart des commerces sont restés fermés.

Les pays du Maghreb déplorent eux aussi des ressortissants tués dans l'attentat. L'ambassadeur de France en Tunisie a rendu hommage à une Franco-Tunisienne qui laisse orpheline sa fillette de cinq mois.

Enfin, le royaume d'Arabie saoudite a confirmé la présence de ressortissants parmi les victimes mais sans donner de bilan. Selon les médias, cinq Saoudiens auraient péri dans l'attaque. Enfin, deux Jordaniens, deux Marocains, trois Irakiens, un Libyen ainsi qu'un Koweïtien ont également été tués le soir du réveillon à Istanbul.

Le tueur d'Istanbul à l'entrée du Reina: attention ces images peuvent choquer:

(ats)

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