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Chasse à l'hommeLe tireur de Paris a été arrêté et confondu par son ADN

Placé en garde à vue mercredi soir, l'individu appréhendé est bien l'homme recherché depuis lundi qui a tiré sur un assistant photographe au journal Libération. Il avait été condamné pour association de malfaiteurs en 1998.

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Abdelhakim Dekhar, mis en examen pour tentatives d'assassinats, enlèvement et séquestration, a quitté l'hôpital (25 novembre 2013)

Abdelhakim Dekhar, mis en examen pour tentatives d'assassinats, enlèvement et séquestration, a quitté l'hôpital (25 novembre 2013)

BFMTV, Keystone
Abdelhakim Dekhar invoque «son droit au silence» lors de sa garde à vue. (21 novembre 2013)

Abdelhakim Dekhar invoque «son droit au silence» lors de sa garde à vue. (21 novembre 2013)

AFP
Le tireur présumé de Paris a été arrêté dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon les premiers éléments de l'enquête, l'homme est obsédé par un «complot fasciste», les méfaits du «capitalisme» et la «manipulation des masses» par les médias. Abdelhakim Dekhar, 48 ans, avait déjà fait parler de lui il y a 20 ans dans une retentissante affaire de fusillade dans laquelle cinq personnes avaient trouvé la mort à Paris. (21 novembre 2013)

Le tireur présumé de Paris a été arrêté dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon les premiers éléments de l'enquête, l'homme est obsédé par un «complot fasciste», les méfaits du «capitalisme» et la «manipulation des masses» par les médias. Abdelhakim Dekhar, 48 ans, avait déjà fait parler de lui il y a 20 ans dans une retentissante affaire de fusillade dans laquelle cinq personnes avaient trouvé la mort à Paris. (21 novembre 2013)

AFP

Un homme présentant une «forte ressemblance physique» avec le mystérieux tireur traqué par la police après plusieurs attaques à Paris a été placé en garde à vue mercredi soir. Les résultats de l'analyse de son ADN sont tombés durant la nuit, confirmant qu'il s'agissait bien de l'individu recherché.

L'homme gardé à vue est Abdelhakim Dekhar, qui avait été condamné à quatre ans de prison en 1998 pour complicité dans l'affaire Florence Rey, a-t-on appris de source policière. Il avait été reconnu coupable d'association de malfaiteurs, pour avoir acheté le fusil à pompe qui a servi à l'équipée sanglante qui avait fait cinq morts, dont trois policiers, le 4 octobre 1994 à Paris.

Arrêté dans un parking

Le suspect a été repéré vers 19h dans un parking souterrain de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) au nord-ouest de Paris, a annoncé dans la soirée le parquet de Paris. Il a été trouvé par les enquêteurs dans un véhicule stationné dans un parking public situé sous un immeuble d'habitation, le long de la voie ferrée près de la gare.

Vers 21h, la rue était barrée par des policiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cette interpellation est consécutive à un témoignage recueilli au commissariat de Courbevoie. Selon une source proche de l'enquête, c'est l'homme qui l'hébergeait qui aurait contacté la police. «Il lui aurait confié, en évoquant l'affaire du tireur, +j'ai fait une connerie+», a expliqué cette source.

L'homme interpellé n'était toutefois pas en mesure d'être entendu et a été transféré, selon des sources policières, dans un hôpital de la région parisienne dans le cadre d'une garde à vue médicalisée.

A moitié inconscient

«Il a été évacué par le Samu», a déclaré le maire de Bois-Colombes, Yves Révillon, à quelques journalistes devant le parking.

Selon plusieurs sources proches de l'enquête, l'homme se trouvait dans un état de «semi-inconscience, sans doute suite à la prise de médicaments qui peut laisser penser à une tentative de suicide».

C'est la première personne placée en garde à vue depuis le début de la traque, qui n'avait donné lieu jusqu'ici, malgré un appel à témoin et la diffusion d'images du suspect, qu'à quelques contrôles sans suite.

Sans attendre de l'interroger, les enquêteurs ont prélevé un échantillon ADN sur le suspect qui est actuellement en cours d'analyse, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

Le profil génétique du tireur ayant déjà été établi grâce à l'ADN détecté sur plusieurs scènes de crime, les résultats de cette analyse devraient être transmis aux policiers dans un délai d'environ quatre heures pour formellement incriminer ou innocenter ce suspect.

Témoignages par centaines

Les empreintes génétiques ont permis aux enquêteurs d'acquérir la certitude qu'un même homme est l'auteur de l'attaque de lundi à Libération, où un assistant photographe a été grièvement blessé, des tirs qui ont suivi sans faire de victime à La Défense ainsi que de la prise d'otage d'un automobiliste dans la foulée.

«L'hypothèse d'un auteur unique est donc confirmée», avait déclaré à l'AFP mercredi matin le procureur de Nanterre, Robert Gelli. Avant cette confirmation par l'ADN, les enquêteurs étaient déjà persuadés d'avoir affaire au même homme, y compris pour l'agression de vendredi au siège de BFMTV, au cours de laquelle l'homme n'avait toutefois tiré aucun coup de feu.

Depuis l'appel à témoin et les premières images du suspect diffusées lundi par les enquêteurs, des centaines de témoignages ont été recueillis par la police.

Une photo, plus nette que les précédentes, a été diffusée mardi après avoir été extraite des images de vidéosurveillance de la RATP. Le suspect au visage rond y apparaît de face, fines lunettes et bonnet enfoncé sur le front. Sur cette image, prise après l'attaque contre Libé, il s'est changé, troquant sa doudoune sombre sans manches du matin pour une veste rouge à col noir.

Surveillance clinique

Cela a fait dire aux enquêteurs qu'il s'agissait d'un «malin» qui «connaît sans doute les codes de la bonne cavale», selon une source policière. Âgé de 35 à 45 ans, de type européen, et mesurant entre 1,70 m et 1,80 m, l'homme a surgi lundi matin à Libération armé d'un fusil à pompe à crosse et canon sciés.

Le jeune assistant photographe qu'il a blessé au thorax et à l'abdomen, «a pu être réveillé et sevré de ventilation artificielle», selon l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, mais doit encore rester «en réanimation pour une surveillance clinique».

(AFP)

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