Fusillade: Le tireur du Thalys réfute toute intention terroriste
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FusilladeLe tireur du Thalys réfute toute intention terroriste

Le tireur présumé aurait voulu rançonner les voyageurs avec une arme trouvée en Belgique.

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Le djihadiste marocain a déclaré à un juge d'instruction français qu'il «comptait s'en prendre à des Américains» lorsqu'il a attaqué un train reliant Amsterdam à Paris, en août 2015. (15 décembre 216).

Le djihadiste marocain a déclaré à un juge d'instruction français qu'il «comptait s'en prendre à des Américains» lorsqu'il a attaqué un train reliant Amsterdam à Paris, en août 2015. (15 décembre 216).

Keystone
L'un des trois héros américains du Thalys, Spencer Stone, a été poignardé à plusieurs reprises à Sacramento (jeudi 8 octobre 2015).

L'un des trois héros américains du Thalys, Spencer Stone, a été poignardé à plusieurs reprises à Sacramento (jeudi 8 octobre 2015).

Keystone
Les trois Américains qui ont neutralisé le mois dernier un homme armé dans un train Thalys qui assurait la liaison entre Amsterdam et Paris ont été reçu à la Maison blanche (17 septembre 2015)

Les trois Américains qui ont neutralisé le mois dernier un homme armé dans un train Thalys qui assurait la liaison entre Amsterdam et Paris ont été reçu à la Maison blanche (17 septembre 2015)

AFP

Le tireur présumé de l'attaque contre le Thalys Amsterdam-Paris vendredi soir 21 août réfute toute intention terroriste. Il explique avoir voulu rançonner les voyageurs avec une arme trouvée par hasard à Bruxelles, a indiqué dimanche l'avocate qui l'a assisté aux premières heures de sa garde à vue.

Interpellé en gare d'Arras (Pas-de-Calais), le tireur présumé était toujours en garde à vue au siège de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Deux enquêtes sont en cours, l'une menée par le parquet antiterroriste de Paris, dont la compétence est nationale, et l'autre par le parquet fédéral belge.

Ce Marocain de 26 ans avait été signalé en février 2014 à la France par les autorités espagnoles pour son appartenance à la mouvance islamiste radicale, a indiqué le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve samedi. Et il faisait depuis l'objet d'une fiche «S» (Sûreté d'Etat).

Besoin d'argent

«Mon client ne m'a pas paru dangereux, pas vindicatif, pas revendicatif, au contraire un peu étonné de tout ce qui pouvait lui arriver», indique sur BFM TV Me Sophie David, avocate au barreau d'Arras. «Quand je lui rappelle pourquoi il est là, il est médusé du caractère terroriste qui est attribué à son action», rapporte-t-elle. Démentant tout commanditaire, il explique son geste «uniquement par le besoin d'argent».

Par l'intermédiaire de son interprète, il raconte avoir trouvé «providentiellement» une valise contenant une Kalachnikov et un portable dans un jardin public à côté de la gare du Midi à Bruxelles. Il a l'habitude d'y dormir avec d'autres sans-abri.

Sur les conseils de plusieurs sans-abri, il monte à bord du Thalys dans l'idée de «rançonner» des passagers, rapporte son avocate. «Il pensait ensuite, en tout cas c'est ce qu'il déclare, tirer dans une vitre du train et sauter par la vitre pour s'échapper».

Personnel mis en cause

Le tireur présumé est soupçonné d'avoir agi dans un train Thalys reliant Amsterdam à Paris vendredi peu avant 18h00. Selon les témoignages recueillis, un voyageur français souhaitant se rendre aux toilettes s'est retrouvé nez à nez avec un individu portant une Kalachnikov en bandoulière.

Le passager tente de ceinturer le suspect, mais ce dernier parvient à tirer plusieurs coups de feu, a indiqué samedi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Deux autres passagers de nationalité américaine réussissent finalement à l'immobiliser au sol et à le désarmer. Dans l'affrontement, un des deux Américains est blessé à coups de cutter et un passager franco-américain est touché par une balle. Le pronostic vital des deux hommes n'est pas engagé.

L'acteur français Jean-Hugues Anglade, présent dans la rame du suspect, a quant à lui maintenu dimanche ses accusations d'«abandon» du personnel du train à l'égard des passagers terrorisés. Il qualifie de «contrevérité» les propos de la direction de Thalys assurant que les agents ferroviaires avaient bien agi. Le syndicat Unsa-Ferroviaire a pris dimanche la défense du personnel du Thalys concerné.

Un homme affaibli

La version du tireur présumé est toute autre. Au cours de son entretien avec l'avocate à Arras, il «tombe des nues» à l'évocation des blessés et assure qu'«il ne s'est rien passé.» «Pour lui, il n'y a pas eu de coup de feu (...) il dit que la Kalachnikov n'a pas fonctionné et qu'il a été maîtrisé immédiatement sans qu'un coup de feu ait été tiré», indique Me Sophie David.

L'avocate décrit un homme «très chétif, quelqu'un de très affaibli physiquement parlant, comme s'il souffrait de malnutrition, très très maigre et très hagard».

Cet homme a habité en 2014 en Espagne puis en Belgique en 2015. Selon une source antiterroriste espagnole, il aurait été arrêté au moins une fois sur le territoire espagnol pour un délit en lien avec des stupéfiants. Selon cette même source, il serait venu en France en 2014, d'où il aurait rejoint la Syrie avant de revenir ensuite sur le territoire français.

Légion d'honneur à trois passagers

La version du suspect a également été balayée par les trois jeunes Américains qui l'ont maîtrisé. Ces derniers seront reçus lundi matin à l'Elysée, où François Hollande leur décernera la Légion d'honneur, ainsi qu'à un sexagénaire britannique intervenu à leurs côtés.

Le passager français ayant en premier tenté de s'interposer face à l'assaillant, ainsi qu'un passager franco-américain blessé par balle pendant l'attaque et toujours hospitalisé, seront eux décorés ultérieurement.

(ats)

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