France: L’exhumation du tombeau de Montaigne le fait parler
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FranceL’exhumation du tombeau de Montaigne le fait parler

Une campagne de recherche archéologique a permis d’ouvrir le cercueil présumé du philosophe français du seizième siècle. Des ossements trouvés sont prometteurs mais le mystère demeure.

Le tombeau en question lorsqu’il est exposé. 

Le tombeau en question lorsqu’il est exposé.

AFP

Des ossements retrouvés récemment au sous-sol d’un musée de Bordeaux (sud-ouest), dans le «tombeau présumé» du philosophe français Michel de Montaigne (1533-1592), sont bien ceux d’un adulte, «probalement un homme» mais les recherches se poursuivent pour une identification précise.

Les ossements retrouvés sont ceux d’un «seul individu. Il s’agit d’un adulte et c’est probablement un homme», a indiqué devant la presse Hélène Réveillas, archéo-anthropologue à la Métropole de Bordeaux, présentant les résultats d’une nouvelle campagne de fouilles.

«Nous avons des éléments qui ne sont pas en défaveur du fait qu’il s’agisse de Montaigne mais nous n’avons rien qui permette de l’affirmer», a ajouté la spécialiste, pour qui le «mystère demeure».

Les recherches sur le «tombeau présumé» du philosophe et maire de Bordeaux de 1581 à 1585, ont fait l’objet de deux campagnes de recherches archéologiques, en novembre 2019 puis cette semaine, au musée d’Aquitaine.

Dans son sous-sol, se trouvait une structure maçonnée, sans inscriptions, considérée depuis toujours comme «le tombeau de Montaigne». L’an dernier, un cercueil de bois contenant lui-même un cercueil de plomb, y avait été découvert.

Le cercueil de plomb a été ouvert cette semaine, révélant «un squelette bien conservé», un crâne «avec quasiment toutes ses dents, des matières organiques encore indéterminées», des restes de tissus, des pollens et des insectes, selon l’archéologue.

Un papier contenu dans une fiole enchâssée dans une capsule métallique, retrouvée à côté du cercueil de bois, s’est avéré être le procès-verbal municipal de réinhumation de la dépouille du philosophe en 1886.

Des recherches en laboratoire, notamment au carbone 14 pour la datation, seront effectuées par une vingtaine de spécialistes, notamment pour chercher des restes des calculs rénaux dont souffrait l’écrivain.

«Nous savons que son coeur a été prélevé après sa mort» à la demande de sa veuve et cette «opération laisse des traces», selon Hélène Réveillas.

Sont également prévues «une reconstitution faciale» et une recherche généalogique sur des descendants éventuels. Les scientifiques «espèrent avoir des résultats en 2021», a ajouté Mme Réveillas.

Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592) seigneur terrien, magistrat, diplomate, voyageur, fut à la fois très impliqué dans la vie sociale et politique de son temps, troublée par les guerres de religion, mais aussi un écrivain-penseur retiré dans sa tour, auteur des «Essais».

Le manuscrit des «Essais» détenu par la Ville fait l’objet d’une demande de classement à l’Unesco.

(AFPE)

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