Actualisé 26.07.2013 à 12:39

Tragédie ferroviaireLe train accidenté «a freiné trop tard»

Le train accidenté mercredi à Saint-Jacques de Compostelle, «a freiné trop tard», affirme vendredi le journal El País. Son chauffeur, qui roulait à 190 km/h, est en garde à vue.

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Le conducteur a révélé que la personne avec qui il se trouvait au téléphone quelques secondes avant le déraillement était tout simplement le contrôleur du train. (31 juillet 2013)

Le conducteur a révélé que la personne avec qui il se trouvait au téléphone quelques secondes avant le déraillement était tout simplement le contrôleur du train. (31 juillet 2013)

AFP
Les boîtes noires ont révélé que le conducteur du train, le visage ensanglanté juste après l'accident, était au téléphone avec un collègue au moment du drame. (30 juillet 2013)

Les boîtes noires ont révélé que le conducteur du train, le visage ensanglanté juste après l'accident, était au téléphone avec un collègue au moment du drame. (30 juillet 2013)

Keystone
Les enquêteurs ont commencé mardi à examiner les boîtes noires du train. (30 juillet 2013)

Les enquêteurs ont commencé mardi à examiner les boîtes noires du train. (30 juillet 2013)

Keystone

L'accident qui a fait 80 morts s'est produit alors que le train venant de Madrid abordait un virage très serré, appelé A Grandeira, à environ quatre kilomètres de la gare de Saint-Jacques de Compostelle.

Le convoi, un train traditionnel, circulait à ce moment-là sur une ligne de voie à grande vitesse, mais où la vitesse est limitée à 80 kilomètres heure.

«Les systèmes d'alerte de la voie ferrée ont sauté en repérant que Francisco José Garzon Amo, le chauffeur du train, circulait à 190 kilomètres heure alors qu'il n'aurait pas dû dépasser les 80», écrivait vendredi El País, qui avait la veille révélé des extraits d'une conversation par radio entre le chauffeur et la gare juste avant et après l'accident.

«L'alarme, comme l'a reconnu le chauffeur lui-même, s'est allumée dans le tableau de bord et il a essayé de freiner, sans pouvoir empêcher la tragédie», ajoute le journal.

Le chauffeur, âgé de 52 ans, travaille depuis 30 ans à la Renfe, la compagnie publique des chemins de fer espagnols, et depuis 2000, comme conducteur. Une brève vidéo tournée par une caméra de sécurité a montré un train fou surgissant à grande vitesse sur la voie à l'entrée de la courbe, puis sortant des rails et se couchant sur le côté.

Légèrement blessé dans l'accident, l'homme est en garde à vue depuis hier 20 heures, selon le chef de la police de Galice. Il doit être prochainement entendu par les enquêteurs. Jaime Iglesias a déclaré: «on lui reproche des délits liés à l'accident». «Je devais aller à 80 et je vais à 190», a lancé le chauffeur, selon l'enregistrement de cette liaison radio qui, selon El País, a été transmise au juge chargé de l'enquête.

La voie empruntée par le train, en raison du passage régulier de TGV, est équipée d'un système de contrôle automatique de la vitesse, baptisé ERTMS. Mais celui-ci «n'est pas installé» à cet endroit précis, avait expliqué jeudi Juan Jesus Garcia Fraile, secrétaire général du syndicat espagnol des conducteurs de train.

Le système en vigueur sur ce tronçon est le système ASFA (Anuncio de señales y frenado automatico), qui contrôle surtout le respect des signaux de signalisation, ce qui en fait «un système un peu plus dépendant du facteur humain», avait-il ajouté.

(AFP)

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