Zoom: Le train blindé de Kim Jong-un fascine mais reste plein de secrets
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ZoomLe train blindé de Kim Jong-un fascine mais reste plein de secrets

Le leader nord-coréen vient de passer 60 heures à bord de son célèbre convoi blindé. Un train ridiculement lent mais très bien équipé.

par
Renaud Michiels
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Kim Jong-un a embarqué samedi à Pyongyang à bord de son célèbre train blindé.

Kim Jong-un a embarqué samedi à Pyongyang à bord de son célèbre train blindé.

KCNA
Estimé à quelque 4000 kilomètres, le trajet du train de Pyongyang au Vietnam est resté secret. Il a principalement traversé la Chine, où il a occasionné de nombreux retards et perturbations.

Estimé à quelque 4000 kilomètres, le trajet du train de Pyongyang au Vietnam est resté secret. Il a principalement traversé la Chine, où il a occasionné de nombreux retards et perturbations.

AFP
Des image du célèbre train vert olive à bande jaune ont circulé sur le Web en Chine. Ici, l'arrière du convoi, photographié à Nanning, au sud du pays, peu avant son arrivée au Vietnam.

Des image du célèbre train vert olive à bande jaune ont circulé sur le Web en Chine. Ici, l'arrière du convoi, photographié à Nanning, au sud du pays, peu avant son arrivée au Vietnam.

AP

Après quelque 4000 kilomètres et environ soixante heures sur les rails, Kim Jong-un est arrivé au Vietnam à bord de son mystérieux train blindé, où le leader nord-coréen rencontrera le président américain Donald Trump ce mercredi. Que sait-on de ces trains aussi mythiques qu’énigmatiques? On fait le point.

Pourquoi voyager en train?

Contrairement à son père, Kim Jong-un n’aurait pas une phobie de l’avion. Il s’était d’ailleurs rendu au précédent sommet avec Trump, en juin dernier, à bord d'un appareil prêté par la Chine. La réalité c’est que l’avion présidentiel nord-coréen – un Iliouchine russe – est vétuste et peu sûr. Et que le maître de Pyongyang ne voulait pas atterrir sous les couleurs chinoises pour montrer son indépendance. Le train blindé, réelle tradition dans sa dynastie, s’imposait donc.

Par où est-il passé?

Le train blindé est parti de Pyongyang. Et arrivé à Dong Dang, ville vietnamienne frontalière de la Chine. Entre deux, secret-défense. On sait cependant que le convoi a dû parcourir 4000 kilomètres environ, principalement en Chine. De nombreux retards et perturbations dus au convoi nord-coréen ont d’ailleurs été reportés par des internautes chinois, dont beaucoup se sont amusés à tenter de suivre le trajet du train. On sait donc que le train a été vu à Zhengzhou, Wuhan ou Nanning. Mais il a manifestement évité Pékin, où aucun dispositif sécuritaire n’a été observé.

De combien de trains parle-t-on?

On évoque beaucoup le convoi blindé mais il y en aurait en fait habituellement trois, selon le «New York Times». Le premier ouvrirait la «route», avec une centaine d’agents de sécurité à bord, inspectant la ligne comme les gares à traverser. Le dirigeant nord-coréen et sa suite seraient à bord du second, un train habituellement composé de deux locomotives et d’une petite vingtaine de wagons. Et un troisième suivrait avec le surplus d’hommes et de bagages.

Pourquoi le voyage a-t-il été si long?

Simple: les quelque 90 wagons blindés qui seraient à disposition du régime de Pyongyang résistent aux balles et certainement à bien d’autres attaques. Mais ils sont aussi extrêmement lourds. Résultat, le train ne dépasserait pas les 60 km/h. Une vitesse qui serait également limitée pour assurer un maximum de sécurité au convoi.

Que contiennent ces trains?

Couleur vert olive, une bande jaune, des vitres teintées: l’extérieur austère des trains blindés nord-coréens est célèbre. L’intérieur est bien moins connu et le conditionnel s'impose. Il semblerait cependant qu’ils soient fort bien équipés. On y trouverait une salle de réception, des salles de conférences, des chambres à coucher mais aussi des murs d’écrans ou des dispositifs pour les communications par satellite. Le train embarquerait même des petits véhicules blindés et un hélicoptère pour évacuer Kim Jong-un en cas d’extrême urgence. Et à l’intérieur, aucune raison d’adopter un régime spartiate: Kim Jong-il était connu pour se faire livrer des homards frais et du bon vin français lors de ses voyages…

Pourquoi la dynastie des Kim a adopté les trains?

«La passion des Kim pour le rail remonte à la guerre de Corée (1950-1953), durant laquelle Kim Il-sung, en difficulté sur le front, avait pu rejoindre son quartier général grâce à un train», selon France 24. Depuis, le train est devenu synonyme de sécurité pour les leaders nord-coréens. C'est ce même Kim Il-sung qui a effectué en 1974 en train blindé le plus long voyage de la dynastie, passant par la Chine et la Russie avant de visiter la majeure partie des pays communistes européens de l’époque: Pologne, Allemagne de l’Est, Tchécoslovaquie, Hongrie, Bulgarie et Roumanie.

Les trains portent-ils bonheur aux Kim?

Ils sont gage de sécurité. Mais selon la version officielle du régime nord-coréen, Kim Jong-il a trouvé la mort à 69 ans en 2011 suite à un arrêt cardiaque. Subi alors qu’il était dans son train blindé...

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