Statistiques – Le transport motorisé coûte toujours plus cher en Suisse
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StatistiquesLe transport motorisé coûte toujours plus cher en Suisse

Qu’elle soit sur route, sur rail ou dans les airs, la mobilité a généré des coûts de 94,9 milliards en 2018, soit une hausse de 10% depuis 2010. Le trafic aérien a notamment fortement augmenté.

Train ou voiture? Quel mode de transport coûte le plus cher? Tout dépend, pour la facture globale, des éléments pris en compte, selon l’OFS.

Train ou voiture? Quel mode de transport coûte le plus cher? Tout dépend, pour la facture globale, des éléments pris en compte, selon l’OFS.

VQH

Le transport routier motorisé, le trafic ferroviaire ou encore l’aviation coûtent toujours plus cher en Suisse. Selon un rapport de l’Office fédéral de la statistique (OFS), ils ont présenté en 2018 une facture totale de 94,9 milliards de francs, soit une augmentation de 10% par rapport à 2010. C’est ce qu’annonce jeudi l’OFS dans un rapport sur les coûts et le financement des transports. Celui-ci sert de base pour les décisions en matière de politique des transports ainsi que pour leur étude et leur planification.

Plus de trois quarts des coûts (77%) sont imputables au transport de personnes, contre 23% pour les marchandises, relève l’OFS. Mais les coûts du transport routier motorisé (76,2 milliards) ont été 6,5 fois supérieurs à ceux du transport ferroviaire (11,7 milliards) et 12 fois plus élevés que ceux du transport aérien (6,9 milliards).

Les coûts du transport routier motorisé ont été 6,5 fois supérieurs à ceux du transport ferroviaire et 12 fois plus élevés que ceux du transport aérien.

Les coûts du transport routier motorisé ont été 6,5 fois supérieurs à ceux du transport ferroviaire et 12 fois plus élevés que ceux du transport aérien.

Les usagers de la route assument 86% des coûts

Dans le transport ferroviaire, les coûts en 2018 ont été supérieurs de 20% à ceux de 2010 en raison des investissements consentis dans les infrastructures, comme le tunnel de base du Gothard, de l’augmentation de la fréquence des horaires et de l’achat de nouveau matériel roulant. Après prise en compte de tous les facteurs, voyageurs et pouvoirs publics se sont partagé la facture globale presque équitablement, a calculé l’OFS.

Quant au trafic routier, la hausse des coûts n’a été «que» de 8%. Ceux-ci se sont établis à 52,5 milliards de francs en 2018. Plus de la moitié a été consacrée aux moyens de transport privés comme les voitures, les motos, etc. Ces coûts ont été supportés à 86% par les usagers eux-mêmes. Le reste (accidents, atteinte à l’environnement ou à la santé) a été pris en charge par la collectivité. En ce qui concerne les transports publics routiers (soit les bus, trams, etc.), ils ont généré 4,3 milliards de coûts, supportés au final à 44% par les usagers et 49% par les pouvoirs publics, le reste étant supporté par les entreprises de transport.

Les coûts de l’avion ont augmenté de 23%

Quant à l’aviation, elle a généré des coûts de 6,9 milliards de francs, soit 23% plus qu’en 2010. Cette croissance est due à la hausse continue du nombre de passagers, explique l’OFS.

C’est le transport par avion qui a le plus progressé en Suisse depuis 2008.

C’est le transport par avion qui a le plus progressé en Suisse depuis 2008.

Deux tiers des coûts ont été occasionnés par l’achat de nouveaux appareils et leur exploitation; 20% des coûts sont liés aux dommages causés à l’environnement ou à la santé. Finalement, les passagers ont assumé 79% de la facture globale via leurs billets, alors que le reste a été payé par la collectivité sous forme de coûts externes liés à l’environnement et à la santé. Il est à relever que les pouvoirs publics n’ont contribué aux coûts qu’à raison de 48 millions, essentiellement pour le soutien à la sécurité aérienne.

Coûts kilométriques: bus et trams les plus chers

Les coûts des différentes formes de transport peuvent aussi être exprimés en coûts kilométriques, c’est-à-dire par rapport au nombre de personnes-kilomètres (pkm) parcourus, explique encore l’OFS. Ainsi en 2018, le nombre de personne-kilomètre parcouru a atteint 102 milliards dans le transport routier motorisé privé de personnes, 4,5 milliards dans le transport public routier et 20,6 milliards dans le transport ferroviaire.

Ce sont les bus et trams qui coûtent le plus cher (90 ct/pkm), devant les véhicules privés (51 ct/pkm). Prendre le train revient à 46 ct/pkm. Quant aux avions, ils ne représentent que 13 centimes par personne-kilomètre, en raison des grandes distances qu’ils couvrent et de leur taux d’occupation élevé, relève l’OFS.

En termes de coût par kilomètre et par personne, ce sont les bus et trams qui coûtent le plus cher, loin devant les véhicules privés et bien plus loin que l’avion.

En termes de coût par kilomètre et par personne, ce sont les bus et trams qui coûtent le plus cher, loin devant les véhicules privés et bien plus loin que l’avion.

Enfin, par rapport à 2010, les coûts kilométriques dans le transport routier motorisé privé ont diminué de 7%, avant tout grâce à la baisse des coûts d’accidents. Le recul a été encore plus marqué dans le trafic aérien: les coûts par personne-kilomètre ont reculé de 27% en raison de gains en efficacité et d’une baisse des prix du kérosène. En revanche, ils ont augmenté dans le transport public sur route (+4%) et sur rail (+15%).

Les coûts par personne-kilomètre ont reculé de 27% dans le transport aérien.

Les coûts par personne-kilomètre ont reculé de 27% dans le transport aérien.

Que comprennent les coûts?

Les coûts totaux des transports englobent aussi bien les coûts pris en charge par leurs auteurs que les coûts supportés par l’État ou la collectivité. Ils prennent en considération non seulement les dépenses réelles, mais aussi les coûts immatériels comme la souffrance ressentie par les victimes d’accidents.

L’OFS a distingué quatre formes de coûts. À savoir: les coûts d’infrastructure (construction entretien et exploitation); les coûts des moyens de transport (achat, exploitation et entretien); les coûts d’accidents (dommages matériels, frais de guérison, frais de justice, absence au travail, frais immatériels comme les dommages corporels, etc.); et les coûts liés aux atteintes à l’environnement et à la santé.

(cht)

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