Liban - Le Tribunal spécial menacé de disparaître faute de financement
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LibanLe Tribunal spécial menacé de disparaître faute de financement

Le Tribunal a annoncé ne pas avoir les fonds suffisants pour poursuivre ses activités, après juillet 2021. Des affaires pourraient ne jamais être finalisées.

Le procès concernant l’attentat contre Rafic Hariri était très attendu en août 2020. 

Le procès concernant l’attentat contre Rafic Hariri était très attendu en août 2020.

AFP

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé de juger les personnes accusées d’avoir perpétré l’attentat qui avait coûté la vie l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et 21 autres personnes en 2005 à Beyrouth, est menacé de disparaître faute de financement, a-t-il annoncé mercredi.

«Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a le regret d’annoncer qu’il se trouve actuellement confronté à une crise financière sans précédent», a déclaré le TSL, dans un communiqué, alors que le Liban traverse l’une des pires crises financières du monde, selon la Banque mondiale.

«Faute de financement immédiat, le Tribunal ne sera pas en mesure de poursuivre ses activités au-delà du mois de juillet 2021, ce qui aura un impact sur sa capacité à mener à bien son mandat», a averti le communiqué.

Jugement en appel

Mis en place après une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, le tribunal, qui siège aux Pays-Bas, a condamné à la perpétuité le 18 août 2020 par contumace un membre présumé du Hezbollah pro-iranien, Salim Ayyash, notamment pour «homicide intentionnel». Les trois autres accusés dans l’affaire ont été acquittés. Ce premier jugement fait actuellement l’objet d’un appel.

Rafic Hariri, qui fut le Premier ministre libanais jusqu’à sa démission en octobre 2004, a été tué en février 2005, lorsqu’un kamikaze a fait sauter une camionnette remplie d’explosifs au passage de son convoi blindé à Beyrouth, tuant 21 autres personnes et faisant 226 blessés.

Affaires en suspens

Dans une affaire distincte, le TSL doit ouvrir plus tard en juin un autre procès contre Salim Ayyash pour trois attentats contre des hommes politiques.

«Malgré une réduction significative des effectifs et des coûts pour l’ensemble de ses opérations, faute de financement supplémentaire, le Tribunal sera contraint de fermer ses portes dans les mois qui viennent, ce qui signifie que des affaires importantes ne seront pas achevées, au détriment des victimes, de la lutte contre l’impunité et de l’État de droit», a déclaré le greffier du TSL, David Tolbert, cité dans le communiqué.

Le TSL a dit avoir informé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres de la situation financière du tribunal, fortement tributaire des contributions volontaires des pays donateurs.

(AFP)

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