Publié

TransplantationsLe triple don croisé de rein pour remédier à la pénurie

Les Hôpitaux universitaires de Zurich et de Genève avaient procédé en première suisse à une transplantation croisée de rein en mai 2012. Les bénéficiaires du triple don se portent bien.

ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION, Keystone

Les bénéficiaires du triple don croisé de rein réalisé en première suisse en mai 2012 par les Hôpitaux universitaires de Zurich et de Genève se portent bien, ont indiqué ces deux établissements jeudi. Ils voient dans cette technique un remède à la pénurie d'organes.

La technique pratiquée avec succès et répétée depuis a du potentiel pour faire face au manque d'organes, soulignent jeudi les deux hôpitaux dans un communiqué commun. Elle permet de résoudre le problème d'incompatibilité entre le donneur vivant et le receveur.

En effet, dans 20% des cas, il existe une incompatibilité immunologique qui rend impossible une greffe avec un parent ou un proche. Le don croisé permet à chaque donneur de venir en aide à la personne malade qui lui est proche en faisant un don de l'un de ses reins au receveur d'un autre binôme donneur-receveur.

Les reins des donneurs sont ainsi transplantés de manière croisée. Dans le cas rendu public jeudi par les deux hôpitaux, un couple de Genève et deux couples de Zurich sont impliqués dans la procédure. Cette triple greffe croisée a posé un véritable défi logistique aux équipes médicales. Il a fallu coordonner de manière millimétrée et simultanée ces six opérations.

Le programme de don croisé a été développé par les HUG. Depuis 2011, quatre greffes croisées de reins ont été réalisées avec l'Hôpital universitaire de Zurich. Le don d'un rein doit toujours se faire de manière altruiste et volontaire, rappellent par ailleurs les hôpitaux.

1200 personnes en attente d'un rein

Contrairement à d«autres organes, les reins malades peuvent être remplacés par des reins de personnes vivantes et en bonne santé. En Suisse, près de 1200 patients attendent une greffe rénale. Le temps d«attente ne cesse de s«allonger et varie selon le groupe sanguin de deux à quatre ans.

Selon le Dr Karine Hadaya, néphrologue aux HUG et responsable du groupe de travail suisse, les dons croisés permettent d'augmenter de 20 à 30% le nombre de greffes rénales en provenance de donneurs vivants. La Suisse compte six centres de greffes rénales.

(ats)

Votre opinion