France - Le tueur en série Michel Fourniret est mort
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Hospitalisé et en fin de vie, l’«ogre des Ardennes» est décédé à l’âge de 79 ans. Tueur «absolument pervers», il avait souvent dérouté la justice.

Le tueur en série français Michel Fourniret (à gauche) arrive pour assister aux audiences civiles, le 29 mai 2008 au palais de justice de Charleville-Mézières, dans le nord de la France.

Le tueur en série français Michel Fourniret (à gauche) arrive pour assister aux audiences civiles, le 29 mai 2008 au palais de justice de Charleville-Mézières, dans le nord de la France.

AFP

Le tueur en série Michel Fourniret, âgé de 79 ans, «est mort lundi à 15H00 à l’Unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de la Pitié-Salpétrière à Paris», a annoncé le procureur de Paris Rémy Heitz. Michel Fourniret était hospitalisé depuis le 28 avril dans cette unité dépendant du centre pénitentiaire de Fresnes, où il purgeait deux peines de prison à perpétuité pour les meurtres de huit personnes.

«Une enquête a été ouverte pour “recherches des causes de la mort”, confiée au 3e district de police judiciaire», a précisé le procureur. Cette ouverture d’enquête est une pratique systématique dans le cadre d’un décès en milieu pénitentiaire, selon une source proche du dossier. Une autopsie doit être pratiquée dans ce cadre.

«L’ogre des Ardennes»

Des silences, des aveux et des formules alambiquées: Michel Fourniret emporte avec lui de nombreux secrets après avoir souvent dérouté la justice en quarante ans d’un parcours criminel qui lui a valu le surnom d’ «ogre des Ardennes».

Condamné à la perpétuité incompressible en mai 2008 pour le meurtre de sept femmes, puis à nouveau à la perpétuité dix ans plus tard pour un assassinat crapuleux, le tueur n’en avait pas fini avec la justice. Il était encore inculpé pour les disparitions ou les meurtres de plusieurs femmes.

En mars 2020, il avait fini par reconnaître devant la juge d’instruction Sabine Kheris sa responsabilité dans le plus connu de ces quatre dossiers: la disparition d’Estelle Mouzin en 2003, à l’âge de 9 ans. C’est son ancienne épouse Monique Olivier qui avait donné un coup de fouet aux investigations fin 2019, en accusant Michel Fourniret d’avoir enlevé, violé et tué la fillette en contredisant son alibi. Mais depuis, les problèmes de mémoire du tueur ont compliqué la tâche des enquêteurs. En dépit de nombreuses fouilles engagées avec force moyens dans les Ardennes (est), son corps n’a pas été retrouvé à ce jour.

Il était également inculpé pour les meurtres de deux jeunes femmes commis entre 1988 et 1990, ainsi que pour la disparition d’une autre en 1993.

Elucider des «cold cases»

Des années après les faits, ses aveux avaient relancé l’espoir d’élucider certains «cold cases», des dossiers de disparitions au long cours dans lesquels son implication avait été évoquée et sur lesquels les enquêteurs planchaient, analyses d’ADN à l’appui. Décrit par l’expert psychiatre Daniel Zagury comme «le tueur en série français le plus abouti», le meurtrier a souvent joué au chat et à la souris avec les enquêteurs.

Me Didier Seban, qui défend plusieurs proches de ses victimes, parle de véritable «bataille» avec l’accusé «pour en savoir plus», s’étonnant de «l’ego absolu de ce personnage», «absolument pervers, absolument insupportable».

Né le 4 avril 1942 à Sedan (est), Michel Fourniret, marié trois fois et père de cinq enfants, a avancé que son «orgueil avait été frappé de plein fouet» lorsqu’il avait découvert que sa première femme n’était pas vierge. De son propre aveu, cet ajusteur et dessinateur en mécanique, père de famille discret le jour, se serait alors mué en «braconnier» à ses heures sombres. Avant 2008, il avait été condamné à trois reprises en 1967, 1984 et 1987 pour une douzaine d’agressions sexuelles.

«Pacte criminel»

De sa troisième épouse Monique Olivier, rencontrée en détention par petite annonce, il fait sa complice, scellant avec elle un «pacte» criminel: en échange du meurtre de son premier mari, elle l’aidera à trouver une femme vierge. A sa sortie de prison en 1987, il s’installe avec elle et deux mois plus tard il viole et tue Isabelle Laville, 17 ans. Suivront plusieurs femmes.

Mais l’itinéraire criminel de celui qui était en prison depuis dix-sept ans comprend un trou étrange entre 1990 et 2000, alors qu’il a pu se vanter d’avoir tué deux personnes par an entre 1987 et son arrestation de 2003. L’équipée macabre du couple s’achève en effet quand Michel Fourniret est arrêté en Belgique pour un enlèvement raté.

En 2004 et 2005, Monique Olivier craque et révèle aux enquêteurs onze meurtres, dont les sept jugés en 2008 à Charleville-Mézières. Commis entre 1987 et 2001 en France et en Belgique, ces meurtres avaient été précédés de viols ou tentatives de viol.

Chez lui, «le plaisir pervers de faire souffrir l’autre est beaucoup plus fort que le plaisir sexuel», analysait à l’époque le procureur de Charleville.

(AFP)

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