Attentat à Berlin: Le Tunisien Anis Amri abattu à Milan

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Attentat à BerlinLe Tunisien Anis Amri abattu à Milan

L'auteur de l'attentat du marché de Noël à Berlin a été tué lors d'un contrôle de police.

Anis Amri, a été abattu lors d'un contrôle de la police italienne dans la nuit de jeudi à vendredi à Milan (nord), ont annoncé les autorités italiennes. Lors d'une conférence de presse, le ministre de l'Intérieur, Marco Minniti, a affirmé que l'homme abattu était «sans l'ombre d'un doute» le suspect de 24 ans, en fuite depuis l'attentat qui a fait 12 morts et 50 blessés sur un marché de Noël à Berlin.

Allégeance à l'EI

L'EI a fait savoir par son agence de propagande que l'homme abattu à Milan est l'assaillant de Berlin. L'auteur de l'attaque avait fait allégeance au groupe Etat islamique (EI) dans une vidéo diffusée vendredi par l'agence de propagande de l'organisation djihadiste, , Amaq. L'enregistrement montre le Tunisien Anis Amri, principal suspect de l'attaque qui a été abattu vendredi à Milan par la police italienne, faire allégeance au chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi.

L'homme a été abattu lors d'un contrôle de police de routine et a sorti «sans hésiter» une arme, a indiqué le ministre.

Des empreintes digitales du Tunisien avaient été retrouvées sur le poids lourd qui s'est précipité dans la foule lundi soir à Berlin. Il faisait l'objet d'un avis de recherche européen et d'un mandat d'arrêt.

Il avait pris la fuite, probablement armé, après l'attentat revendiqué par le groupe Etat islamique (EI). Des images d'une caméra de surveillance l'avaient montré devant une mosquée de Berlin, présentée comme un lieu de rassemblement islamiste, quelques heures après le carnage, selon la chaîne publique allemande Rbb.

Quatre ans en prison

D'autres images avaient montré le suspect les 14 et 15 décembre, entre 3h et 4h du matin, soit 5 et 4 jours avant l'attentat, devant la mosquée pourtant fermée depuis longtemps par les autorités et qui a fait l'objet d'une perquisition jeudi matin, selon Rbb.

Le suspect de l'attentat de Berlin abattu à Milan

Avant de s'installer en Allemagne en juillet 2015, il avait passé quatre ans en Italie peu après être arrivé de Tunisie sur l'île de Lampedusa en 2011. Il avait été condamné pour avoir mis le feu à une école.

Les enquêteurs sont convaincus qu'il est bien l'auteur du pire attentat jamais revendiqué par le groupe djihadiste Etat islamique sur le sol allemand.

En raison d'une série de dysfonctionnements, Anis Amri a eu 30 heures pour disparaître entre son attentat lundi soir et le lancement d'un avis de recherche allemand et européen.

«Je suis convaincue que nous surmonterons l'épreuve dans laquelle nous nous trouvons», avait souligné la chancelière Angela Merkel jeudi, ajoutant espérer «une arrestation bientôt».

Appel de la famille

Le frère du suspect, Abdelkader Amri, a appelé Anis à se rendre, tout en se disant «sûr» de son innocence.

«S'il est en train de m'écouter, je lui dis: présente-toi» à la police, a-t-il dit devant le domicile familial à Oueslatia, dans le centre de la Tunisie.

Les policiers ont été vivement critiqués d'abord pour avoir focalisé leur attention pendant 24 heures sur un suspect pakistanais finalement mis hors de cause.

Dès mardi matin, les papiers d'Amri avaient été retrouvés dans le camion, mais l'avis de recherche n'a été lancé que dans la nuit de mardi à mercredi, lui laissant un temps précieux pour disparaître.

Le jeune Tunisien n'avait jamais réellement été inquiété par les autorités, alors que celles-ci le soupçonnaient de vouloir commettre un attentat en Allemagne. Elles le savaient en contact avec des salafistes connus et il circulait dans le pays en utilisant une demi-douzaine d'identités.

Affaire classée

L'homme faisait même l'objet d'un signalement pour sa dangerosité au centre national de lutte antiterroriste. Il avait été placé sous surveillance policière pour un possible projet d'attentat, avant que la justice ne classe l'affaire faute d'éléments probants.

Un expert du djihadisme, le professeur Peter Neumann du King's College de Londres, parle d'un «échec systémique». «Une fois que la poussière sera retombée, je pense qu'il faudra se poser des questions de fond» sur les mécanismes de l'antiterrorisme en Allemagne, a-t-il estimé.

Un potentiel passage en Suisse

On ignore pour l'heure si le djihadiste abattu à Milan, suspecté d'avoir commis l'attentat au camion-bélier à Berlin, a séjourné en Suisse. L'Office fédéral de la police (fedpol) mène des éclaircissements sur ce point, a-t-il indiqué.

Aucun lien direct n'a jusqu'ici été constaté entre le Tunisien Anis Amri et la Suisse, a dit vendredi à l'ats la porte-parole de fedpol Lulzana Musliu, confirmant une information de plusieurs médias. «Depuis l'attaque à Berlin, nous sommes en contact avec les autorités allemandes», a-t-elle précisé.

L'Allemagne a fourni à la Suisse des informations à propos de la personne recherchée jusqu'à vendredi. Ces données ont été fournies aux polices cantonales et à d'autres offices concernés. Sur l'éventualité d'un séjour d'Anis Amri en Suisse, la porte-parole dit juste qu'«on ne peut l'exclure».

Les autorités allemandes partent du principe qu'Anis Amri était au volant du camion qui a servi à l'attaque d'un marché de Noël à Berlin. Des empreintes digitales trouvées notamment sur la portière l'indiquent. Anis Amri a été abattu lors d'un contrôle de police à Milan dans la nuit de jeudi à vendredi.

Soulagement

Le ministère allemand de l'Intérieur a fait part de son soulagement après que le suspect de l'attentat ait été neutralisé.

(AFP)

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