Recherche - Le vaccin est efficace aussi contre le Covid long
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RechercheLe vaccin est efficace aussi contre le Covid long

Une étude britannique montre qu’après avoir reçu deux doses, une personne a deux fois moins de risques de présenter des symptômes durables de la maladie.

par
Michel Pralong
Difficultés respiratoires, fatigue et maux de tête font partie des symptômes du Covid long, pouvant subsister longtemps après l’infection.

Difficultés respiratoires, fatigue et maux de tête font partie des symptômes du Covid long, pouvant subsister longtemps après l’infection.

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Une nouvelle étude menée par le Kings College de Londres relève l’efficacité du vaccin contre le coronavirus, non seulement pour éviter des formes graves de la maladie, mais également pour ne pas avoir des symptômes sur le long terme.

Pour mener leurs recherches. les scientifiques se sont basés sur les données récoltées par le biais d’une application développée en Grande-Bretagne: COVID Symptom Study. Celle-ci demande à ses utilisateurs de signaler tous les symptômes qu’ils ressentent et leur évolution. En précisant également leur statut vaccinal et la date de leurs injections. Fin juillet 2021, plus de 4,6 millions de Britanniques l’avaient utilisée et un quart continuait à le faire.

Pour comparer les symptômes avec des personnes non vaccinées, les chercheurs ont ainsi pu recueillir les données inscrites entre décembre 2020 et juillet 2021 par celles qui avaient signalé avoir reçu une ou deux doses mais avaient tout de même été contaminées. Pour la première dose, cela concernait 6030 personnes sur 1 240 009, soit 0,5% et 2370 personnes sur 971 504 après la double vaccination, soit 0,2%. Première constatation de cette étude publiée le 1er septembre dans «The Lancet», les pourcentages d’infectés vaccinés sont très faibles et encore plus chez les personnes qui ont reçu un vaccin à ARNm.

Bien moins de symptômes après vaccin

L’analyse des données a ainsi montré que presque tous les symptômes individuels de Covid-19 étaient moins fréquents chez les participants vaccinés que chez les participants non vaccinés. Mis à part, chose assez étonnante, les éternuements qui augmentaient chez les personnes après leur première dose de vaccin. La probabilité d’avoir plus de cinq symptômes au cours de la première semaine après l’infection, signe de Covid sévère, ou de devoir être hospitalisé était également moins forte chez les vaccinés que les non-vaccinés. Ce qui confirme une fois encore le rôle du vaccin pour éviter les formes graves de la maladie.

Mais des personnes peuvent toujours avoir des symptômes plus de 28 jours après l’infection, même celles qui n’en avaient développé que peu voire pas du tout. C’est ce qu’on appelle le Covid long. Sur les 592 personnes complètement vaccinées qui ont continué à fournir des données pendant plus d’un mois, 31, soit 5%, ont continué à avoir un Covid long. Cette proportion est deux fois plus importante chez les non vaccinés puisqu'elle se monte à 11%. «C’est une bonne nouvelle que nos recherches aient révélé qu’avoir une double vaccination réduit considérablement le risque à la fois d’attraper le virus et, si vous le faites, de développer des symptômes de longue durée» a déclaré l’auteure principale de l’étude, Claire Steves, à la BBC.

Augmentation des asymptomatiques

Cette recherche a également montré d’autres résultats intéressants, comme le fait que les risques d’infection post-vaccination après la première dose sont plus forts chez les personnes âgées fragiles et celles vivant dans des zones plus défavorisées, mais ont diminué chez les personnes sans obésité. En outre, les complètement vaccinés ont bien plus tendance que les non-vaccinés, surtout chez les 60 ans et plus, d’être totalement asymptomatiques une fois contaminés. «Cette découverte pourrait inciter à la prudence concernant l’assouplissement de la distanciation physique et d’autres mesures de protection personnelle à l’ère post-vaccination, en particulier autour des personnes âgées fragiles et des personnes vivant dans des zones plus défavorisées, même si ces personnes sont vaccinées, concluent les chercheurs. Nos résultats pourraient également avoir des implications pour des stratégies telles que les vaccinations de rappel».

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