Coronavirus – Le vaccin Pfizer efficace au moins 6 mois contre les formes graves
Publié

CoronavirusLe vaccin Pfizer efficace au moins 6 mois contre les formes graves

La double injection protège grandement contre les hospitalisations, quel que soit le variant, selon une enquête à large échelle menée par le fabricant aux États-Unis.

par
Michel Pralong avec AFP
Les vaccins perdent de leur efficacité avec le temps, augmentant le risque d’être infecté mais pas celui d’être hospitalisé, confirme Pfizer.

Les vaccins perdent de leur efficacité avec le temps, augmentant le risque d’être infecté mais pas celui d’être hospitalisé, confirme Pfizer.

Getty Images via AFP

Deux doses de vaccin Pfizer/BioNTech sont efficaces contre les risques d’hospitalisation liée au Covid-19 et tous ses variants pendant au moins six mois, indique une étude parue mardi, confirmant de précédentes estimations.

L’étude de Pfizer et du réseau de santé américain Kaiser Permanente, publiée dans la revue «The Lancet», a analysé les données médicales de 3,4 millions de personnes en Californie du Sud entre le 4 décembre 2020 et le 8 août 2021. Il en ressort que l’efficacité du vaccin contre les risques d’infection par le coronavirus diminue avec le temps. En revanche, le vaccin reste efficace à 93% contre les risques d’hospitalisations liées au Covid-19, y compris en cas d’infection au variant Delta, pour au moins six mois, souligne-t-elle.

Ces résultats confirment les résultats de précédentes estimations des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et du Ministère de la santé israélien, souligne «The Lancet» dans un communiqué. «Notre étude confirme que les vaccins sont un outil central pour contrôler l’épidémie et demeurent extrêmement efficaces pour prévenir les formes graves et les hospitalisations, y compris contre Delta ou d’autres variants préoccupants», a résumé Sara Tartof, principale auteure de l’étude, dans le communiqué du Lancet.

Mardi 5 octobre, la task force suisse avait également publié un rapport sur l’efficacité des vaccins qui confirmait cette protection contre les hospitalisations observée dans d’autres pays. Des données israéliennes et britanniques montraient en effet que l’efficacité des vaccins à ARNm de Pfizer et de Moderna diminuait certes légèrement avec le temps dans ces cas-là, mais qu’une double vaccination évitait tout de même 9 hospitalisations sur 10.

Moins efficace contre le variant Delta?

En revanche, dans ce même rapport, la task force soulignait que les vaccins à ARNm étaient moins efficaces contre le variant Delta. Avec des chiffres allant de 79% de protection contre une infection en Écosse à 39% seulement en Israël. Mais sans mentionner au bout de combien de mois ce qui, au vu de la précocité des vaccins en Israël, pourrait expliquer dans ce pays une telle baisse d’efficacité avec le temps.

Dans l’étude parue dans «The Lancet», Pfizer parle, lui, d’une efficacité de son vaccin contre l’infection par le variant Delta passée de 93% un mois après la double vaccination à 53% après 5 mois, contre 97% et 67% pour les autres variants, des résultats donc assez proches.

«Une analyse spécifique des variants montre clairement que le vaccin est efficace contre toutes les sortes de variants. Les personnes infectées par le Covid-19 qui avaient reçu deux doses de vaccin l’ont été le plus souvent en raison d’une perte d’efficacité du vaccin avec le temps et non pas parce que tel ou tel variant échappe à la protection du vaccin», a aussi souligné Luis Jodar, vice-président et médecin-chef chez Pfizer.

Pas de données sur le respect des mesures

Les chercheurs reconnaissent quelques biais dans leur enquête: ils n’avaient par exemple pas de données sur le respect du port du masque, des interactions sociales ou de la profession des populations étudiées, ce qui pourrait avoir une incidence sur la probabilité de contracter le Covid-19.

Selon les auteurs de l’étude, ces résultats montrent l’importance de renforcer la vaccination mondiale et d’analyser l’efficacité du vaccin à travers le temps pour décider quelles populations doivent être prioritaires pour les doses de rappel.

Votre opinion