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TravailLe Valais impose des salaires minimaux dans la construction

Craignant une sous-enchère répétée et abusive dans le secteur de la construction, le canton du Valais entend limiter les effets négatifs issus de l’absence de convention collective de travail.

Le Valais a des raisons de craindre une sous-enchère répétée et abusive dans le secteur de la construction

Le Valais a des raisons de craindre une sous-enchère répétée et abusive dans le secteur de la construction

GÉRALD BOSSHARD-a

Le canton du Valais va imposer un contrat-type de travail dans la construction. Il entend limiter les effets négatifs issus de l’absence de convention collective de travail depuis le début de l’année dans ce secteur.

Les partenaires sociaux et l’Etat ont trouvé rapidement un terrain d’entente. Le contrat sera mis à l’enquête publique vendredi et devrait être appliqué dans le courant du mois de février, a déclaré mardi la conseillère d’Etat Esther Waeber-Kalbermatten, cheffe du département des affaires sociales.

Le contrat reprend les conditions usuelles de la branche en 2011 avec des salaires majorés de 1% pour 176 heures par mois et une semaine de cinq jours. Il sera obligatoire pour toute entreprise, suisse ou étrangère, active sur la marché valaisan.

Contrairement aux autres contrats-types, il ne sera pas possible pour les entreprises de proposer des contrats inférieurs à ceux indiqués. Le canton peut imposer cette solution dans le cadre des mesures d’accompagnement des accords bilatéraux.

Crainte de dumping salarial Le Valais a des raisons de craindre une sous-enchère répétée et abusive dans ce secteur, a précisé Nicolas Bolli, chef du service de la protection des travailleurs. L’an dernier, 75% des entreprises étrangères ayant détaché des travailleurs en Valais étaient en infraction. Et la moitié des contrôles en matière de travail au noir a dévoilé une infraction.

Les syndicats estiment que le Valais donne un signal «extrêmement fort» avec ce contrat obligatoire, a dit Bertrand Zufferey, secrétaire général des syndicats chrétiens. La solution n’est pas la meilleure, mais elle est applicable avec effet immédiat.

Les entrepreneurs sont aussi satisfaits. Selon le directeur de leur association faîtière Serge Métrailler, le signal est clair. Mais ce contrat n’est pas un «remède miracle» et une convention collective nationale est nécessaire.

Les partenaires sont unanimes à dire que les positions des parties sont trop éloignées pour aboutir à un accord rapidement. Ils espèrent la signature d’une convention au mieux pour la seconde moitié de l’année.

Ce contrat est une solution transitoire valable pour quatre ans au maximum et qui peut être abrogé en tout temps. Il sera d’ailleurs annulé une fois la convention nationale signée.

(ats)

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