16.09.2013 à 13:32

AlpagesLe Valais lance une formation suisse de berger

Dès le mois de novembre, une formation suisse de berger de mouton en français sera dispensée à Sion.

Au terme de la formation, les bergers pourront mener des troupeaux allant jusqu'à 800 moutons.

Au terme de la formation, les bergers pourront mener des troupeaux allant jusqu'à 800 moutons.

Keystone

Une formation suisse de bergers de moutons dispensée en français sera proposée à Sion (VS) dès novembre prochain. Son pendant alémanique, lancé en 2009 à Viège (VS) et à Landquart (GR), a attiré une centaine de personnes, mais seules douze ont suivi la formation jusqu'au bout.

En Suisse, peu de bergers et bergères de moutons sont formés. Depuis quelques années, les exploitants d'alpages sont de plus en plus nombreux à réclamer une formation adéquate, a indiqué lundi devant la presse Moritz Schwery de l'Ecole d'agriculture du Valais.

La formation introduite dès le 20 novembre à Sion comprendra trois modules théoriques de huit jours, un stage pratique de deux mois sur l'alpage et de trois semaines en bergerie. «Au terme de leur formation, les bergers devront être capables de mener un troupeau de 400 à 800 bêtes», a précisé Moritz Schwery.

Un métier dur et exigeant

Pour l'heure, une dizaine de personnes issues de toute la Suisse romande et même du Canada se sont montrées intéressées par la formation dispensée à l'Ecole d'agriculture du Valais. Les cours coûteront à chaque inscrit soixante francs par jour.

Aucune condition préalable n'est requise pour s'inscrire. «Mais il vaut mieux être prédisposé à ce type d'activité», a souligné Daniel Mettler, d'Agridea, émanation de l'association suisse pour le développement de l'agriculture et de l'espace rural.

Berger est un métier plus dur et exigeant que beaucoup ne le pensent. Pour preuve, en Suisse alémanique, une vingtaine de personnes se sont inscrites chaque année à la formation depuis 2009 et seules douze d'entre elles ont terminé leur cursus, a précisé Daniel Mettler.

Un premier bilan montre que des améliorations seront nécessaires à l'avenir pour perpétuer le métier de berger. Parmi elles, des alpages mieux équipés et plus viables ainsi que de meilleures conditions salariales (un berger formé gagne environ 150 à 200 francs par jour).

Quinze jours après le tir du loup

Le Valais lance cette formation suisse de bergers de moutons deux semaines jour pour jour après le tir d'un loup dans la vallée de Conches. L'occasion pour Gérald Dayer, chef du service valaisan de l'agriculture, de souligner que le canton a «une politique de prévention claire» en ce qui concerne le grand prédateur.

Cette politique s'articule autour de deux axes. Le premier comprend la définition d'un plan de protection des alpages, des soutiens financiers pour un système de gardiennage itinérant des troupeaux, le financement de recherches comme celles pour un collier répulsif pour les moutons, ainsi que de la formation.

«Mais ces diverses mesures ont leur limite sur le terrain, ceci notamment en raison de la structure même des alpages. Ces derniers sont trop petits pour être gardés chacun par un berger», a précisé Gérald Dayer.

Le canton a donc lancé en 2012 le deuxième axe de sa politique de prévention, soit une étude pour identifier les possibilités de regroupement des troupeaux. Selon le chef du service valaisan de l'agriculture, «les résultats tomberont d'ici début 2014».

En 2012, le Valais a investi 450'000 francs dans des mesures de protection des troupeaux. Il n'a pas encore chiffré le montant qui sera dévolu à la nouvelle formation de bergers de moutons, «cela dépendra notamment du nombre de participants», a indiqué Gérald Dayer.

(ats)

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