13.11.2014 à 14:59

Le Valais lève le secret médical pour les détenus dangereux

Prison

Le PLR, la gauche et la Société médicale du Valais étaient opposés à cette proposition. Les professionnels de la santé vont devoir signaler les cas.

«La levée du secret médical est une mauvaise solution», ont martelé Jean-Claude Vocat (PLR) et Barbara Lanthemann (PS).

«La levée du secret médical est une mauvaise solution», ont martelé Jean-Claude Vocat (PLR) et Barbara Lanthemann (PS).

Keystone

Le Grand Conseil a accepté ce jeudi 13 novembre de lever le secret médical pour les détenus présumés dangereux. Le PLR et la gauche se sont fermement opposés à cette modification de la loi d'application du code pénal suisse, également combattue par la Société médicale du Valais.

Devoir de signalement

Le nouvel article instituant un devoir de signalement pour les professionnels de la santé en charge d'un condamné présumé dangereux a été adopté en première lecture par 67 voix contre 47 et 3 abstentions. Le PDC et l'UDC ont soutenu le texte, invoquant la sécurité publique.

«Nous poursuivons tous un seul et même but: faire en sorte qu'un criminel dangereux ne récidive pas. Mais pour y parvenir, la levée du secret médical est une mauvaise solution», ont martelé Jean-Claude Vocat (PLR) et Barbara Lanthemann (PS).

Les thérapeutes peuvent déjà le faire

Le PLR et le PS ont rappelé qu'un thérapeute peut déjà signaler un cas. L'obliger à le faire empêcherait l'établissement d'un lien de confiance avec le détenu concerné, rendrait très difficile un travail thérapeutique digne de ce nom et augmenterait paradoxalement la dangerosité du prisonnier, estiment-ils.

Le PLR a demandé de remplacer «l'obligation de signaler par un droit de signalement». Une version selon lui acceptable, notamment par la Société médicale du Valais. Sa proposition n'a pas été suivie.

Professionnels mobilisés

La Société médicale du Valais, et plus largement le Groupement interprofessionnel valaisan des professionnels de la santé (GIPS), se sont mobilisés récemment pour sensibiliser le public et les députés à la défense du secret médical. Leurs arguments ont été relayés en plénum par le PLR et le PS.

Plus d'un an après le meurtre de la sociothérapeute Adeline, le Valais, mais aussi Genève, Vaud et le Jura veulent assouplir le secret médical. Une volonté contre laquelle protestent notamment la Fédération suisse des médecins (FMH) et l'Académie suisse des sciences médicales.

(ats)

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