Commentaire: Le Valais se prépare à élire un Gouvernement «vintage»
Publié

CommentaireLe Valais se prépare à élire un Gouvernement «vintage»

Pour les élections du 7 mars, PDC, UDC et PLR veulent se partager les cinq sièges et barrer la route au socialiste Mathias Reynard. Si Dieu le veut…

par
Eric Felley
Une des rares images de cette drôle de campagne le 26 janvier. Le président du Conseil d’État Christophe Darbellay en compagnie Gilles Cavin, président du Conseil synodal, Mgr Jean Scarcella, abbé de St-Maurice, et Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, à l’occasion de la signature d’une convention sur l’enseignement religieux à l’école par les «Églises reconnues».

Une des rares images de cette drôle de campagne le 26 janvier. Le président du Conseil d’État Christophe Darbellay en compagnie Gilles Cavin, président du Conseil synodal, Mgr Jean Scarcella, abbé de St-Maurice, et Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, à l’occasion de la signature d’une convention sur l’enseignement religieux à l’école par les «Églises reconnues».

État Vs

Dans une petite publicité pour les élections au Conseil d’État du 7 mars en Valais, le candidat peu connu du PDC Serge Gaudin parle de l’eau comme de «l’or bleu de notre canton». L’utilisation de cette métaphore archi-usée montre que, dans cette campagne, les arguments sont secondaires. Le Valais se prépare à élire un Gouvernement que l’on pourrait qualifier de «vintage», essentiellement masculin, qui fait penser aux années 70 ou 80. Le prochain Conseil d’État serait dominé par le PDC, avec un candidat sortant du PLR, Frédéric Favre, rangé derrière le PDC, et un nouveau venu de l’UDC, Franz Ruppen, tout à fait PDC compatible.

Serge Gaudin demeure la surprise de ce rendez-vous électoral, car il y a six mois, personne ne le connaissait. Faute de candidature féminine, faut d’autres prétendants PDC dans le Valais central, c’est lui qu’«on» a trouvé. Bien qu’il s’en défende, il serait chaperonné par l’aile droite du parti proche de Jean-René Fournier. Son absence de notoriété en fait en tout cas le véritable candidat du système pour le PDC, qui espère garder la majorité au Gouvernement qu’il détient depuis 170 ans, même si sa force électorale est descendue à 38%.

Quand on n’est pas connu, il faut faire campagne. Mais avec le Covid-19, celle-ci fait défaut. Il n’y a pas de meeting, ni assemblée, ni café où serrer des mains. Tout au plus, les élus en place peuvent profiter de leur mandat pour se faire remarquer. Christophe Darbellay a ainsi posé la semaine dernière avec les trois dignitaires catholiques et protestant du canton. Le Conseil d’État valaisan a reconduit une convention avec les «Églises reconnues», pour l’enseignement de la religion chrétienne à l’école, la catéchèse.

Barrer la route à Reynard

En guise de campagne, «Le Nouvelliste» a publié jour après jour l’interview de tous les candidats sur une double page chacun. À leur lecture, on comprend que les trois partis de droite – PDC, PLR et UDC – voudraient bien se partager les cinq sièges du Gouvernement sans coup férir. Leur point commun est de vouloir empêcher Mathias Reynard d’y parvenir. Il pourrait troubler ce qu’appelle le PDC Roberto Schmidt «une politique bourgeoise sensée qui permet l’harmonie et l’efficacité». Car pour lui: «Il n’est pas possible qu’un collège fonctionne si quelqu’un y fait de l’opposition».

Pourtant, tout le monde sait que le socialiste n’est pas homme à faire de l’opposition systématique. Par contre, s’il siège au collège, il pourrait voir, entendre et comprendre des choses… Représenterait-il alors un danger pour cette harmonie qui règne dans les affaires du Conseil d’État? Pour les Valaisans, sa présence signifierait tout de même un contrepoids bienvenu, certes modeste, à ceux qui parlent à l’oreille de Dieu à travers ses représentants sur terre. Et, s’il devait être élu, cela relèverait aussi du miracle.

Votre opinion

82 commentaires