Pédopornographie: Le Valaisan déviant décroche le sursis partiel

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PédopornographieLe Valaisan déviant décroche le sursis partiel

L’homme aux téléchargements compulsifs écope d’une peine de 36 mois dont 18 mois avec sursis. Un verdict conditionné à des mesures d’accompagnement drastiques.

par
Evelyne Emeri
Accusé d’avoir consulté et/ou téléchargé des milliers de fichiers à caractère pédophile, le quadragénaire connaît désormais son sort. (photo d’illustration)

Accusé d’avoir consulté et/ou téléchargé des milliers de fichiers à caractère pédophile, le quadragénaire connaît désormais son sort. (photo d’illustration)

AFP

Retourner vivre dans sa commune d’origine, le Valaisan de 43 ans sait qu’il ne pourra plus. Hier mercredi, il l’a répété avec lucidité alors même que la Cour correctionnelle de Vevey était en train de décortiquer des faits effroyables. Il ne nie pas, excepté la masse des fichiers consultés et/ou téléchargés – entre 134 000 et 184 000 photos/vidéos extraites de ses deux disques durs – et minimise s’agissant des supports de violence extrême. Il admet aussi avoir effrayé, et bien plus encore, deux sœurs majeures et deux fillettes de 9 et 10 ans à l’extérieur de chez lui en s’exhibant devant elles pour «voir si ça l’exciterait». Ses excuses sincères ont été entendues. Mais les séquelles sur les plus jeunes victimes et leurs proches sont là.

Verdict généreux

Ce jeudi après-midi, les juges vaudois ont été généreux avec cet accusé accablé par les preuves et parfaitement conscient de sa déviance pédophile. Bien qu’ils estiment sa culpabilité très lourde, ils ont choisi de le faire bénéficier d’un sursis partiel «in extremis, le pronostic à son octroi ne lui étant pas totalement défavorable». Et le condamnent à 36 mois, dont 18 mois avec sursis pendant 5 ans, ainsi qu’à 60 jours-amende à 50 francs le jour.

Ce délai d’épreuve maximum de 5 ans sera soumis à des mesures d’accompagnement strictes: un traitement psychothérapeutique ambulatoire, ciblé sur les troubles sexuels; un suivi socio-éducatif et une assistance de probation (travail et réseau social); un contrôle des facteurs pouvant exacerber ses penchants paraphiliques. À cela s’ajoute une interdiction à vie d’exercer toute activité professionnelle et non professionnelle organisée impliquant des contacts réguliers avec des mineurs.

Bientôt dehors

Détenu depuis avril 2021 – excepté 5 mois et demi sous mesures de substitution qu’il a violées – , il aura déjà purgé 18 mois de détention provisoire dans quelque temps. Le calcul est facile. Le prévenu est bientôt dehors même si la Cour exige le maintien de son incarcération pour des motifs de sûreté tant que l’intégralité des conditions au sursis ne sera pas mise en œuvre.

«Selon les experts vaudois ou valaisans, le risque de récidive est moyen ou modéré. Il ne nie pas, il est sincèrement désolé de ses actes et des conséquences, il est investi dans son suivi actuel en prison, il a un entourage proche et présent, détaille la présidente Sandrine Osojnak, L’exécution d’une longue peine l’empêcherait de retrouver un travail, ce qui le détournera précisément de son penchant.» En audience, le quadra avait concédé avoir basculé sur le darknet alors qu’il télétravaillait et s’ennuyait.

«C’est votre seule chance.»

Sandrine Osojnak, présidente du Tribunal

«Monsieur, le Tribunal a longuement réfléchi quant au pronostic pour votre futur. C’est votre seule chance. Vous avez aussi la chance d’avoir un entourage. Je vous invite à trouver du travail rapidement. Également à évoquer toute pulsion avec vos thérapeutes et tout de suite. Ce sont des enfants qu’on a malmenés, exploités, voire torturés. Vous avez participé à cette industrie», rappelle la présidente de céans au Valaisan qui lui fait face et dont le visage dit déjà «Merci».

S’agissant des qualifications, la Cour retient l’échantillon de 4703 fichiers analysés et référencés par la police. Elle retient en plus 142 000 fichiers douteux dont il est impossible de dire ce qu’ils contenaient avec précisions (pénal ou pas) et doit admettre leur ampleur et leur horreur. Concernant les fichiers de violence extrême, les juges sont convaincus «qu’il n’y a rien d’aléatoire. Le prévenu ne les a peut-être pas tous consultés, mais il ne les a pas trouvés par hasard. Il a été sur le darknet et les a donc activement téléchargés». Il est dès lors bien coupable de représentation de la violence et de pornographie.  

Exhibitionnisme et AOS

Coupable également d’exhibitionnisme, non contesté par l’accusé. Au bénéfice du doute, le Tribunal le libère de tentative d’actes d’ordre sexuel (AOS) avec des enfants et de tentative d’actes d’ordre sexuel avec des mineurs contre rémunération. «Nous ne savons rien de ce qu’il aurait pu se passer après (ndlr. les fillettes ont fui). De la même manière pour l’argent proposé, la volonté du prévenu n’est pas très claire. Ce qu’il allait faire n’est pas établi, précise encore le jugement, En revanche, l’infraction d’actes d’ordre sexuel avec des enfants est maintenue puisqu’il suffit de mêler un enfant à un acte d’ordre sexuel (ndlr. il a exhibé ses parties)

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