Coronavirus - Le variant Delta transmissible deux jours avant les symptômes
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CoronavirusLe variant Delta transmissible deux jours avant les symptômes

Être contagieux plus longtemps en étant asymptomatique expliquerait en partie pourquoi cette mutation du virus se propage autant.

par
Michel Pralong
L’analyse a été faite sur des données de tests réalisés dans la province de Guangdong, en Chine.

L’analyse a été faite sur des données de tests réalisés dans la province de Guangdong, en Chine.

AFP

Une personne infectée par le variant Delta du virus est susceptible de le transmettre déjà deux jours avant l’apparition chez elle des premiers symptômes de la maladie. Alors qu’avec les formes précédentes du coronavirus, c’était moins d’un jour avant les symptômes.

C’est ce que semblent indiquer les résultats d’une étude prépubliée le 13 août dans «Nature», mais pas encore validée par la communauté scientifique. Il s’agit de l’analyse des données de tests effectués sur 101 personnes de la province de Guangdong, en Chine, qui ont été infectées par le variant Delta entre mai et juin de cette année, ainsi que des données des contacts étroits de ces personnes. Selon ces observations, une personne infectée se révèle positive 4 jours après l’infection. Et les premiers symptômes apparaissent 1,8 jour après, soit 6,8 jours après avoir attrapé le virus. Cela veut donc dire que si la charge virale est suffisante pour que le test se révèle positif, elle suffit également à ce que la personne soit contagieuse. Donc elle l’est presque deux jours avant d’en ressentir les premiers symptômes.

Variant plus difficile à arrêter

Selon des estimations concernant les précédentes souches du virus, il fallait attendre 5,5 jours après la contamination pour être testé positif et 6,3 pour qu’apparaissent les symptômes. On n’était donc contagieux sans symptôme que durant moins d’un jour (0,8). Le variant Delta est ainsi «juste plus difficile à arrêter», explique Benjamin Cowling, épidémiologiste à l’Université de Hong Kong et coauteur de l’étude qui s’exprime dans «Nature».

Autre phénomène constaté, les personnes infectées par le Delta ont des charges virales plus fortes que la version originale du coronavirus. «D’une manière ou d’une autre, le virus apparaît plus rapidement et en plus grande quantité», explique Benjamin Cowling. Selon les observations, près de trois quarts (74%) des infections au Delta ont lieu alors que le porteur est asymptomatique. C’est plus que pour les précédentes versions, mais c’est logique si l’on est deux fois plus longtemps contagieux en étant sans symptôme.

Une personne infectée en contamine 6,4 autres

Les chercheurs ont en outre calculé le nombre de reproduction de base du Delta, soit le nombre moyen de personnes qu’un patient infecté va contaminer. Il est élevé, puisqu’il se monte à 6,4 personnes, contre 2 à 4 pour la version originale du virus. Enfin, il a été observé qu’un petit nombre de personnes totalement vaccinées avaient tout de même été infectées par le variant Delta, mais que le vaccin avait réduit leur charge virale. En outre, une personne vaccinée aurait 65% de risques en moins d’en infecter une autre qu’une non vaccinée.

Si ces observations, qui sont encore à confirmer, expliqueraient en partie la prédominance et la viralité du variant Delta, d’autres chercheurs tentent de comprendre biologiquement son comportement. Des études semblent montrer qu’un changement d’un acide aminé dans la protéine de pointe du virus en serait responsable. Avec des conséquences importantes puisque Delta est 40% plus transmissible que le variant Alpha (britannique).

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