Suisse: «Le variant du virus pourrait agir comme une nouvelle vague»
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Suisse«Le variant du virus pourrait agir comme une nouvelle vague»

L’OFSP a souligné que la souche mutante avait été détectée dans 28 échantillons en Suisse, surtout chez des gens ayant voyagé en Grande-Bretagne. Il a mis en garde contre les risques de sa propagation.

par
Christine Talos
Virginie Masserey, est la cheffe de la section contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP.

Virginie Masserey, est la cheffe de la section contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP.

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La Suisse a découvert 28 échantillons contenant la souche mutante de coronavirus dans sept cantons, a annoncé l’Office fédéral de la santé publique lors d’un point presse mardi. le variant a été détecté essentiellement chez des personnes ayant voyagé en Grande-Bretagne.

«On sait donc que ce variant du virus est en Suisse et se propage», a déclaré Virginie Masserey, cheffe de la section contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP. Elle a expliqué qu’il avait été découvert dans les cantons de Vaud, Genève, Valais, Berne, Zurich et Saint-Gall.

«Comme une 2e pandémie»

«Ce nouveau variant pourrait se propager comme une 2e pandémie dans la pandémie», a-t-elle prévenu. Il pourrait agir comme une nouvelle vague qui s’ajouterait à la vague existante. Il faut donc agir sur tous les fronts en respectant les gestes de protection et en déployant les efforts en termes de vaccination, insiste-t-elle. Et d’affirmer: «nous espérons qu’en 3-4 mois, nous pourrons voir évoluer positivement la situation».

La cheffe de la section contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP a également plaidé en faveur du contact-tracing. Elle a demandé à tous ceux qui se sont rendus en Grande-Bretagne ainsi qu’à leur entourage de se faire dépister au plus vite via des tests PCR puis un séquençage.

En outre, le virus connaît de nombreuses mutations. Et plus le virus circule, plus il y a de mutations et plus il y a de probabilités que l’une d’elles soit dangereuse, a souligné Virginie Masserey. Raison pour laquelle il faut absolument diminuer le nombre de cas, via la vaccination et les gestes barrières.

«Relâcher la pression peut-être en été»

Christoph Berger, président de la Commission fédérale pour les vaccinations, a de son côté insisté pour ne pas baisser la garde face au virus. «Il est essentiel que le nombre des infections diminue. C’est une condition du succès de la campagne de vaccination», a-t-il souligné. «Il est important d’être patient. À un moment, je ne sais pas, peut-être en été, nous pourrons relâcher la pression».

Interrogé sur la fermeture potentielle des écoles comme dans d’autres pays, il a répondu que les enfants n’étaient pas vecteurs de cette pandémie. Selon lui, les écoles obligatoires doivent rester ouvertes. «Pour les enfants, aller à l’école est absolument fondamental. Les vecteurs sont dans d’autres groupes de la population».

1,5 million de doses de vaccin d’ici fin février

Sur le plan de la vaccination, la Suisse a reçu jusqu’ici quelque 233’000 doses de vaccins. Elle attend jusqu’à 500’000 doses ces prochains jours et 1 million d’ici février. «D’ici l’été nous atteindrons l’objectif visé qui est de pouvoir offrir le vaccin à tous ceux qui le souhaitent», a affirmé de son côté Nora Kronig, la responsable de la division internationale de l’OFSP.

Selon elle, Berne a commandé jusqu’ici trois millions de doses de vaccins Pfizer/BioNTech et réservé 7,5 millions de doses du vaccin Moderna qui doit encore recevoir une homologation. 5,4 millions de doses sont par ailleurs assurées par AstraZeneca. Pour l’instant, l’aide de l’armée pour vacciner la population n’est pas nécessaire, a pour sa part souligné Rudolf Hauri, président de l’association des médecins cantonaux. Il a également rappelé que les cantons pouvaient faire appel à la protection civile.

Pas d’effets secondaires

Virginie Masserey, cheffe de la section contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP, a également rappelé la non-dangerosité du vaccin. Selon elle, aucun effet secondaire grave n’a été constaté dans les trois mois après la vaccination auprès de dizaines de milliers de personnes vaccinées durant la phase 3 des essais cliniques. Aucun signal ou inquiétude n’a été observé dans le monde non plus depuis les premières autorisations.

Interrogée sur les réticences du personnel de santé à se faire vacciner, elle a répondu que celui-ci ne figurait pas sur la liste des priorités des personnes à recevoir le vaccin, rappelle-t-elle. «Ce qui lui laisse le temps de réfléchir et de se laisser convaincre par l’utilité et l’innocuité du vaccin».


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