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VaticanLe Vatican trouve un accord avec la Chine

Le pape François a avoué avoir trouvé un accord avec Pékin, dans un contexte tendu, pour nommer les évêques chinois.

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Dans l'avion qui le ramenait d'Estonie à Rome, le pape François a annoncé avoir trouvé un accord avec le régime communiste chinois. (Mercredi 26 septembre 2018)

Dans l'avion qui le ramenait d'Estonie à Rome, le pape François a annoncé avoir trouvé un accord avec le régime communiste chinois. (Mercredi 26 septembre 2018)

AFP
Devant la jeunesse chrétienne à Tallinn, le pape à évoqué l'«indignation» des jeunes face aux scandales d'abus sexuels qui secouent l'Eglise catholique. (Mardi 25 septembre 2018)

Devant la jeunesse chrétienne à Tallinn, le pape à évoqué l'«indignation» des jeunes face aux scandales d'abus sexuels qui secouent l'Eglise catholique. (Mardi 25 septembre 2018)

Petite nation balte à dominante protestante, la Lettonie a accueilli lundi le pape François. (Riga, 24 septembre 2018)

Petite nation balte à dominante protestante, la Lettonie a accueilli lundi le pape François. (Riga, 24 septembre 2018)

AFP

Le pape François a confirmé mardi à la presse qu'il aurait le dernier mot pour nommer des futurs évêques dans la Chine communiste, après «un dialogue» bilatéral sur les candidatures.

Dans l'avion qui le ramenait d'Estonie à Rome, le souverain pontife argentin a également reconnu que les évêques de l'ancienne Eglise clandestine (qui ne reconnaissaient que l'autorité du pape) risquaient de «souffrir» de l'accord provisoire signé samedi entre le Saint-Siège et la Chine.

Le Vatican a signé samedi un accord historique avec le régime communiste de Pékin, portant sur l'épineuse question de la nomination des évêques en Chine, au moment même où des églises du pays sont détruites à coups de bulldozer.

Les quelque 12 millions de catholiques chinois -très minoritaires dans ce pays de près de 1,4 milliard d'habitants- étaient déchirés depuis des décennies entre une Eglise «patriotique» contrôlée par le régime communiste et une Eglise clandestine qui ne reconnaissait que l'autorité du pape. Aux termes de cet accord qualifié de «provisoire», le pape François a reconnu sept évêques chinois qui avaient été nommés par Pékin sans son aval, ainsi qu'un huitième évêque à titre posthume.

Le Saint-Siège n'avait toutefois pas divulgué samedi le texte de l'accord et avait évité de détailler le futur processus de nomination des nouveaux évêques. «Ceci n'est pas que des nominations, c'est un dialogue sur des éventuels candidats. La chose se fait par le dialogue. Mais c'est Rome qui nomme. C'est le pape qui nomme. Ceci est clair», a stipulé mardi le souverain pontife argentin au cours d'une conférence de presse dans l'avion.

«Ce n'est pas une improvisation, c'est un chemin»

François a toutefois eu une pensée pour «la résistance, les catholiques qui ont souffert». Et il a avoué que l'accord historique pourrait être difficile pour eux: «ils soufffriront». «Il y a toujours dans un accord de la souffrance», a-t-il noté. «Prions pour les souffrances de quelques uns qui ne comprennent pas ou qui ont derrière eux tant d'années de clandestinité», a dit le pape. «Quand se fait un accord de paix ou une négociation, les deux parties perdent quelque chose. C'est la règle», a-t-il insisté.

Il a rappelé que l'accord historique avait vu le jour après des années de lent dialogue et beaucoup de travail de quelques prélats durant une dizaine d'années. «Deux pas en avant, un en arrière, deux en avant, un en arrière, puis des mois ont passé sans se parler. C'est le temps de Dieu qui ressemble au temps chinois, lentement, ceci est la sagesse, la sagesse des Chinois», a-t-il décrit.

Le pape argentin a précisé qu'il était au final «le responsable à signer», semblant répondre au passage à un prélat de Hong Kong qui avait affirmé au début de l'année qu'il était mal informé de la situation en Chine par son entourage.

«Ce n'est pas une improvisation, c'est un chemin, un vrai chemin», a encore commenté Jorge Bergoglio, en soulignant que des évêques des deux Eglises chinoises l'avaient soutenu dans une pétition contre les allégations de l'ex-nonce apostolique Carlo Maria Vigano (qui accuse le pape d'avoir protégé un cardinal américain pourtant soupçonné d'abus sexuels). En Amérique latine pendant 350 ans, «c'étaient les rois du Portugal et de l'Espagne qui ont nommé les évêques», a fait remarquer le pape.

Le pape François devient e-résident estonien

Le chef de l'Eglise catholique est devenu mardi e-résident de l'Estonie, à l'occasion de sa visite à Tallinn, capitale de ce pays très avancé en technologies de l'information. «Le pape François est le 37647e e-résident», a annoncé la présidence estonienne dans un communiqué, après qu'il a reçu son identité numérique. Parmi les bénéficiaires de ce statut on compte entre autres la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre japonais Shinzo Abe. L'identité numérique, «transnationale» et garantie par le gouvernement estonien, permet de créer une société dans l'UE et de la gérer à distance, en payant les impôts et en certifiant des documents avec la signature numérique. Mais elle n'apporte ni la citoyenneté estonienne, ni la résidence fiscale, ni le permis de séjour ou le visa pour l'Estonie.

(AFP)

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