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CYCLISMELe Ventoux, un mythe à part

Le Ventoux est un sommet à part, un des «géants» les moins escaladés du Tour de France mais sa chaleur, son vent et son paysage lunaire en ont fait un mythe.

Le Mont Ventoux et son paysage lunaire reste un mythe du Tour de France (en photo, son ascension en 2009).

Le Mont Ventoux et son paysage lunaire reste un mythe du Tour de France (en photo, son ascension en 2009).

Nicolas Bouvy, Keystone

Il à la hauteur des Tourmalet, Galibier et Alpe d’Huez qui décuplera les ambitions des grimpeurs dimanche lors de la 15e étape.

«C’est les Champs-Elysées des grimpeurs. L’Alpe d’Huez c’est un show, mais le Ventoux, c’est wouaw. Quand on passe là-haut, qu’on gagne ou pas, on a le sentiment d’avoir accompli quelque chose», raconte Richard Virenque, le dernier Français à s’être imposé au sommet en 2002 dans une ascension aux airs de rédemption, un an après la fin de sa suspension pour dopage.

Depuis sa première ascension en 1951, le Ventoux n’a été monté que 14 fois par la Grande Boucle, dont 8 arrivées au sommet. Ce n’est ni les Alpes, ni les Pyrénées, ce n’est même pas un col, mais «le Géant de Provence» ou «Mont Chauve» fait partie de la légende.

«Même quand on passe en voiture à proximité, on voit cette chose bizarre, avec du vert et puis un sommet. Et la montée est hallucinante: une première partie, normale comme un col avec de la forêt, difficile au pied, et puis on arrive au Chalet Reynard et on se retrouve dans les cailloux. A un moment, il n’y a plus de végétation, plus que des pierres et tu vois l’antenne très loin», raconte Jean-François Bernard, vainqueur au sommet en 1987 dans un contre-la-montre mémorable.

«C’est un paysage lunaire mais on ne le voit pas trop sur le Tour tellement il y a de monde. La seule chose que tu vois, c’est cette antenne qui ne se rapproche pas et on sait que l’arrivée est juste au pied de l’antenne. Donc la meilleure solution, c’est de ne pas trop lever la tête», ajoute-t-il.

Sur ces 20 kilomètres d’ascension se sont joués les épisodes les plus dramatiques de l’histoire du Tour, à commencer par la mort de l’Anglais Tom Simpson en 1967 où la chaleur provençale, combinée aux amphétamines retrouvées sur le cycliste, lui ont été fatales.

D’autres y ont connu des défaillances, comme Jean Malléjac, victime d’une insolation en 1955. Certaines scènes sont restées gravées dans les mémoires, comme en 2000 lorsque Lance Armstrong choisit de laisser la victoire à Marco Pantani au terme d’un impressionnant mano a mano entre les deux derniers vainqueurs du Tour.

«Il y fait souvent très, très chaud et il y a une réverbération qui monte depuis le goudron. On y respire un air qui vous étouffe, il n’y a rien qui vous rafraîchit», raconte Bernard Thévenet, qui s’y est imposé en 1972.

Dimanche, en attaquant ces vingt derniers kilomètres à 7,5% de pente moyenne (atteignant 10,6% par endroits) après en avoir avalé 222, les grimpeurs du peloton n’auront qu’une idée: inscrire leur nom dans l’histoire de cette ascension hors normes.

(SI)

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