Télévision: Le vertige numérique incroyable de nos données personnelles
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TélévisionLe vertige numérique incroyable de nos données personnelles

Mardi, «A Bon Entendeur» a réussi à illustrer de manière spectaculaire le volume gigantesque des traces qu'on laisse sur Internet. Une double-vie numérique où rien ne disparaît dans l'opacité de la toile.

Au moment de découvrir la pile représentant les 50 000 messages qu'elle a envoyés sur Messenger ces dernières années, la conseillère nationale Léonore Porchet (Verts/VD) ne peut cacher un certain effarement à la journaliste Linda Bourget.

Au moment de découvrir la pile représentant les 50 000 messages qu'elle a envoyés sur Messenger ces dernières années, la conseillère nationale Léonore Porchet (Verts/VD) ne peut cacher un certain effarement à la journaliste Linda Bourget.

RTS

«Finalement, on n'a pas le droit à l'oubli numérique et je trouve cela assez inquiétant», c'est la conclusion de la conseillère nationale Léonore Porchet (Verts/VD), qui s'est prêtée à une expérience unique menée par l'émission «A Bon Entendeur» de la RTS et diffusée mardi soir. Avec la comédienne Brigitte Rosset, elles ont été d'accord de laisser des spécialistes en analyse de données mettre au jour toute les interactions qu'elles ont eues sur Internet.

Un choc...

Comme l'explique en préambule la journaliste Linda Bourget, Facebook, Google, Twitter Apple et pratiquement tous les sites ont pris l'habitude de collecter nos précieuses données personnelles. On le sait, on en parle, mais nul n'a vraiment une vue d'ensemble de ce que cela représente. Au final, c'est énorme, car tout reste dans mémoire, compilé depuis maintenant des années pour la plupart d'entre nous. Le moment où nos deux «cobayes» découvrent l'équivalent en papier de ce que les spécialistes ont décrypté durant plusieurs jours, c'est un choc...

«C'est un peu ma vie, quoi...»

Pour Léonore Porchet, 50 000 messages avec l'application Messenger ont été retrouvés tels quels, sans compter ses agendas ou ses achats. Son activité politique y tient une bonne place, mais aussi des événements privés, comme un certain jour de juin 2015, où elle a mangé à midi avec Alberto... Pour Brigitte Rosset, les spécialistes ont mis au jour les quelque 16 000 recherches Google qu'elle a faites. La comédienne n'est guère surprise du contenu: «En gros, il y a de la bouffe, des fringues et des régimes... C'est un peu ma vie, quoi....» Par contre, elle apprécie beaucoup moins que ses enfants, notamment à travers des photos, fassent parties de ses propres données.

La comédienne Brigitte Rosset découvre l'ampleur de ses données personnelles réunies dans une salle.

La comédienne Brigitte Rosset découvre l'ampleur de ses données personnelles réunies dans une salle.

De la publicité à la politique

Pour «ABE», l'utilisation de ces données à des fins de ciblages publicitaires est présentée comme une activité peu transparente. Elles ont une valeur marchande pour qui sait les utiliser auprès des annonceurs, tout cela évidemment à l'insu des consommateurs. L'émission aborde également la problématique du profilage politique, notamment avec l'affaire Cambrige Analytica, où les données personnelles de plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs de Facebook avaient été utilisées pour faire passer le Brexit au Royaume-Uni et Donald Trump aux États-Unis.

«Ne soyez pas naïfs»

Le préposé valaisan à la protection des données, Sébastien Fanti, était l'invité critique face à cette accumulation de données personnelles livrées aux GAFAM. Il a plaidé pour que le monde politique s'engage à ce que les citoyens retrouvent leur« suprématie sur leurs données». Et s'il avait un seul bon conseil à donner mardi soir, c'était celui-ci:«Ne soyez pas naïfs!». Après avoir regardé l'émission, nul doute que de nombreux téléspectateurs auront compris la leçon. Un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais.

Eric Felley

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