Basketball: Le vestiaire est une organisation clanique

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BasketballLe vestiaire est une organisation clanique

Aujourd'hui, j'aimerais vous entrouvrir les portes du vestiaire et de son organisation assez particulière.

par
Thabo Sefolosha
Jean-Guy Python

Pourquoi ce choix aujourd'hui? Récemment, j'ai été puni par mon coach pour un retard à la séance vidéo, le jour d'un match. On ne va pas se mentir, je ne suis pas le plus ponctuel. Je me fais d'ailleurs chambrer par mes coéquipiers à ce propos. Selon eux, je ne suis pas un «bon» Suisse.

En ce moment, l'équipe vit une phase assez compliquée en termes de résultats et ce n'était pas vraiment le bon moment pour être à la bourre à un rendez- vous. Lorsque je suis arrivé à la mise en place tactique, le coach avait déjà mis Tim Hardaway Jr dans le cinq de base. Il m'a donc fait commencer le match sur le banc comme punition. Ce n'est pas quelque chose de grave.

Notre vestiaire est un endroit très organisé. C'est nécessaire pour que tout fonctionne durant 82 matches. Alors, outre ce genre de petites sanctions, d'autres règles implicites qui nous régulent. Ce qui m'a le plus marqué, jusqu'à présent, c'est le traitement infligé aux joueurs qui arrivent dans la ligue. C'est probablement inspiré des bizutages dans les universités américaines dont est issue la majorité des joueurs.

À Atlanta, ce n'est vraiment pas quelque chose de méchant. Ils doivent amener l'assiette aux vétérans de l'équipe. Faire deux ou trois tâches supplémentaires. Ramasser les habits après l'entraînement. Transporter les bagages dans les chambres d'hôtels. Tout le monde passe par là. J'en ai vu certains se rebeller et d'autres accepter. On apprend beaucoup de la personnalité des gars à ce moment-là.

«Je cherche juste moins à être accepté coûte que coûte qu'au début. »

Lorsque je suis arrivé dans la ligue à Chicago, il n'y avait qu'une seule tâche réservée aux rookies: apporter les donuts à toute l'équipe, chaque jour. Par chance, nous étions deux dans l'équipe alors je ne devais le faire qu'un jour sur deux. Cela m'avait étonné car c'est quelque chose que je n'avais jamais vécu jusqu'à présent, comme je n'ai pas fait l'université. Mais je m'y suis plié.

La NBA, c'est comme une organisation clanique. Il y a une sorte d'échelle sociale à gravir. Pour s'intégrer, il faut montrer patte blanche. Cela peut passer par beaucoup de choses: les centres d'intérêt ou la musique notamment. Au début, j'avais à cœur de faire partie du groupe. Que tout le monde m'aime bien. Mais au bout d'un moment, je me suis rendu compte que ce n'était pas possible.

Un vestiaire de NBA, finalement, c'est comme une société normale. Il y a des gens avec qui tu es proche et d'autres non. Dans chacune des équipes où j'ai joué, j'avais un cercle de gens très proches. Cela ne veut pas dire que j'ai des problèmes avec les autres. Je cherche juste moins à être accepté coûte que coûte qu'au début. Cela fait désormais onze ans que je fréquente les vestiaires de NBA et je peux dire qu'aujourd'hui je suis un membre à part entière de ce clan.

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