14.03.2015 à 21:33

Sierra LeoneLe vice-président a demandé l'asile aux Etats-Unis

Le vice-président sierra-léonais Samuel Sam Sumana, récemment exclu du parti au pouvoir, a demandé l'asile à l'ambassade américaine à Freetown, selon la BBC.

A gauche, le président de Sierra Leone's Ernest Bai Koroma et le vice-président Samuel Sam Sumana (à droite).

A gauche, le président de Sierra Leone's Ernest Bai Koroma et le vice-président Samuel Sam Sumana (à droite).

Reuters

Selon la BBC qui affirme lui avoir parlé, M. Sumana et son épouse se sont enfuis de leur résidence à Freetown et ont demandé l'asile politique à l'ambassade des Etats-Unis. Le lieu actuel où se trouve le couple n'est pas clair, précise la BBC.

Un membre de son entourage, interrogé par l'AFP, a confirmé la demande d'asile du couple Sumana, et indiqué qu'il se trouvait dans un endroit sécurisé.

M. Sumana «est maintenant en clandestinité (dans un endroit sûr) dans l'attente d'une réponse à une demande d'asile qu'il a faite par téléphone auprès de l'ambassade des Etats pour sa femme et lui», a affirmé cette source s'exprimant sous couvert d'anonymat.

M. Sumana lui-même n'a pu être joint. Sollicitée, l'ambassade américaine à Freetown a décliné tout commentaire.

Sous surveillance militaire

Le domicile de M. Sumana, situé dans le quartier de Regent, dans l'ouest de Freetown, était placé samedi sous surveillance militaire, selon un journaliste, qui a été empêché d'approcher des lieux.

Samuel Sam Sumana a été exclu le 6 mars du Congrès de tout le peuple (APC, au pouvoir), qui lui a reproché des «mensonges» et l'a accusé de chercher à créer un parti dissident. Il a réfuté ces accusations.

Cette exclusion était intervenue quelques jours après que M. Sumana s'était de lui-même placé en quarantaine, le 28 février, en raison de la mort d'un de ses gardes du corps, décédé d'Ebola.

«Des dizaines de soldats»

Samedi, une douzaine de militaires avaient dressé des points de contrôle dans le quartier de la résidence de M. Sumana et renvoyaient les civils tentant de se rendre chez lui.

Une habitante de la zone a expliqué avoir été réveillée samedi «par des bruits de véhicules» et avoir ensuite vu de sa fenêtre «des dizaines de soldats» qui ont désarmé les membres de la garde de M. Sumana.

«Certains officiers se sont ensuite rendus dans la maison mais après environ une heure ou plus de recherche, ils en sont partis avec des paquets de documents», a-t-elle témoigné sous couvert d'anonymat.

Monter la garde

«Un autre camion de soldats lourdement armés est alors venu monter la garde autour de la maison», où ils demeuraient présents samedi après-midi, a-t-elle poursuivi.

Un porte-parole adjoint du gouvernement, Abdulay Bayratay, a indiqué que «le vice-président ne fait l'objet d'aucune menace», et a assuré que M. Sumana était chez lui.

«Il est chez lui, et les informations (faisant état de l'inverse) ne sont pas vraies», a déclaré M. Bayraytay.

Selon une source officielle, le président Koroma était absent de Freetown samedi, effectuant une tournée à Magburaka, dans le nord du pays.

(AFP)

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