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ConjonctureLe vice-président de la BNS peint un tableau plutôt sombre

«La Suisse devrait connaître en 2012 un ralentissement considérable, après deux années de reprise plutôt robustes», selon Thomas Jordan, vice-président de la BNS.

Thomas Jordan a peint un tableau plutôt sombre, selon ses propres mots, de la situation actuelle des économies de la planète.

Thomas Jordan a peint un tableau plutôt sombre, selon ses propres mots, de la situation actuelle des économies de la planète.

ARCHIVES, Keystone

Les incertitudes entourant les perspectives de croissance économique atteignent un niveau rarement constaté, estime Thomas Jordan, vice-président de la Banque nationale suisse (BNS).

Conjuguées à la vigueur persistante du franc, elles vont continuer de peser sur l'activité en Suisse.

S'exprimant mardi à Genève devant la Chambre de commerce américano-suisse, Thomas Jordan a peint un tableau plutôt sombre, selon ses propres mots, de la situation actuelle des économies de la planète. «La Suisse devrait connaître en 2012 un ralentissement considérable, après deux années de reprise plutôt robustes.»

Détermination intacte

Le contexte entraîne toujours les investisseurs vers des actifs financiers réputés sûrs, pratique qui entretient la force du franc. L'occasion pour Thomas Jordan de rappeler toute la détermination de la Banque nationale suisse (BNS) à défendre coûte que coûte le cours plancher de 1,20 franc pour un euro fixé il y a cinq mois.

Thomas Jordan a qualifié la politique monétaire de l'institut d'émission de «simple et claire». Celle-ci vise notamment à permettre une planification plus aisée pour les entreprises, a précisé celui qui assure l'intérim à la tête de la BNS après la démission il y a un mois de son président Philipp Hildebrand.

Le franc fort continue à freiner les exportations suisses, tout en érodant les marges des entreprises. Un phénomène qui les incite à envisager des délocalisations. Malgré une tendance récente à la stabilisation, le tassement de la demande extérieure devrait peser sur les investissements et le marché du travail ces prochains mois.

Scénario plus optimiste

Revenant à l'incertitude ambiante, Thomas Jordan a tenu un discours empreint de la plus grande prudence. Il a décrit une nouvelle aggravation de la crise de la dette dans la zone euro comme le grand danger pour l'économie suisse. Si tel devait être le cas, le spectre de la déflation planerait à nouveau, a-t-il souligné.

Dans sa conclusion, le vice-président de la BNS a toutefois évoqué un scénario plus optimiste, celui qui verrait les autorités européennes s'engager «bientôt de manière crédible en faveur d'une solution durable». Un scénario qui fait référence à la conclusion attendue des négociations pour réduire l'endettement de la Grèce.

Affaiblissement du franc

«La demande d'actifs financiers perçus comme sûrs faiblirait et, avec elle, celle de francs suisses en particulier», a relevé Thomas Jordan. Alors, la monnaie helvétique pourrait commencer à s'affaiblir pour «revenir à un niveau plus conforme à ses fondamentaux économiques», comme l'a mentionné le banquier central.

Après une croissance comprise entre 1,5 et 2% en 2011, le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse ne devrait augmenter que de 0,5% cette année, selon la prévision de la BNS. La suite dépendra de l'ampleur de la reprise aux Etats-Unis, de l'évolution du dynamisme dans les marchés émergents et de la capacité de la zone euro à rebondir.

(ats)

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