Yemen: Le Vieux Sanaa, patrimoine mondial, touché par un raid
Publié

YemenLe Vieux Sanaa, patrimoine mondial, touché par un raid

L'Unesco condamne la frappe aérienne qui a détruit plusieurs édifices de la vieille ville de Sanaa, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité.

Un missile a détruit des maisons dans un quartier de la ville de Sanaa.

Un missile a détruit des maisons dans un quartier de la ville de Sanaa.

Keystone

Une frappe aérienne de la coalition arabe menée par l'Arabie saoudite a touché ce vendredi 12 juin la vieille ville de Sanaa. L'attaque a fait au moins cinq morts et a détruit trois maisons dans ce secteur classé par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité. Ryad a aussitôt démenti cette information.

Le raid est la première frappe directe à toucher ce quartier depuis le lancement le 26 mars de la campagne aérienne menée par la coalition, selon des habitants.

Un missile a chuté sans exploser dans le quartier de Qassimi, situé dans une zone qui comprend des milliers de maisons vieilles de plusieurs siècles, selon un journaliste de l'AFP et des témoins. La chute du missile a cependant démoli des maisons de trois étages et tué cinq personnes ont indiqué des sources médicales et des témoins.

L'objectif du raid n'était pas clair, avec des affirmations contradictoires d'habitants sur le fait que des rebelles occupaient ou non l'une des maisons visées. «Il est certain que nous n'avons pas mené d'opérations dans la ville», a pour sa part déclaré le général Ahmed al-Assiri, le porte-parole de la coalition.

L'Unesco condamne

Édifiée dans une vallée au milieu des montagnes à 2200 mètres d'altitude, Sanaa était au VIIe et VIIIe siècles un important centre de propagation de l'islam. On y décompte 103 mosquées, 14 hammams et quelque 6000 maisons, dont des maisons-tours ou d'autres en pisé, construites avant le XIe siècle.

L'Unesco a condamné vendredi la mort de cinq personnes et la destruction de plusieurs édifices. Dans un communiqué, la directrice générale de l'organisation onusienne basée à Paris, Irina Bokova, s'est dite «profondément affligée par les pertes de vies humaines et les dommages infligés à l'un des plus anciens joyaux de l'urbanisme islamique au monde».

«Cette destruction ne va qu'exacerber la situation humanitaire et je réitère mon appel à toutes les parties à respecter et protéger l'héritage culturel du Yémen», «symbole d'une histoire millénaire» qui «appartient à toute l'humanité», a-t-elle ajouté.

(ats)

Votre opinion