Genève: Le vin jeune était bien trop vieux
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GenèveLe vin jeune était bien trop vieux

Une jeune femme, amatrice de vin, a été choquée en faisant ses courses à la Praille. La bouteille qu’elle a failli payer était parfaite pour accompagner ses grillades… il y a trois ans!

par
Lucie Fehlbaum
L’étiquette précise que ce vin se boit «jeune». On ne peut donc pas le stocker. Le vigneron indique cela pour suggérer le meilleur moment de dégustation.

L’étiquette précise que ce vin se boit «jeune». On ne peut donc pas le stocker. Le vigneron indique cela pour suggérer le meilleur moment de dégustation.

Maxime Schmid

«Heureusement que j’ai lu l’étiquette, sinon je n’aurais jamais vu qu’il était trop vieux. J’étais hallucinée et j’ai reposé la bouteille.» Ysaline, Genevoise de 26 ans, est remontée. Début février, à la Coop de La Praille, elle a voulu acheter du vin dans la perspective d’une soirée entre amis. Au moment de payer les bouteilles , problème: elle manque de se faire refiler une cuvée à consommer jusqu’en… 2015! «Ça l’aurait foutu mal si on avait acheté de la piquette», dit-elle.

Ce Saint-Saphorin rouge, récolte 2012, est effectivement accompagné du conseil «à boire dans les deux ou trois ans». Attention, le risque n’est pas sanitaire. Mais «la suggestion est avisée», relève Jérôme Aké Béda, sommelier et Maître d’hôtel à l’Auberge de l’Onde, à Saint-Saphorin (VD).

«Le vin ne sera sûrement pas mauvais, mais si le vigneron précise cela sur l’étiquette, c’est qu’on a affaire à un vin de plaisir, qui est sur le fruit. On l’achète et on le boit dans la foulée, avec des grillades en été, suggère le spécialiste. C’est l’inverse des Bordeaux élevés dans des barriques neuves. Elles apportent une structure tannique qui permet de garder ces vins 15, 20 ou même 30 ans.»

Pas de triche, donc: le vigneron a été clair sur la marchandise. Au domaine Bernard Bovy, qui élève le vin en question, l’étonnement est de mise: «On écoule la récolte 2016 en ce moment, précise le producteur. Le problème doit venir des stocks du magasin. L’erreur est humaine.»

«Erreur de gestion des stocks»

Ysaline s’étonne que la Coop n’informe pas mieux ses clients. «Elle aurait pu le mettre en action et expliquer pourquoi il est en promo, en précisant qu’on peut encore le boire. Là, ça fait malhonnête.» D’autant que la bouteille, qui coûte 15,95 francs, n’est pas dans la gamme de prix la plus basse. Elle n’a pas non plus apprécié de découvrir le couac en magasin. «Sur le site web, les photos montrent des bouteilles plus récentes. Une fois à la Coop de La Praille, aucune bouteille de ce vin-là ne datait d’après 2012.»

La grande surface reconnaît une erreur de gestion des stocks. «Ce millésime ne devrait plus se trouver dans les rayons, affirme Andrea Bergmann, porte-parole. Nous allons demander à notre point de vente de contrôler cela. Le vin peut être ramené au magasin où son achat sera remboursé.» La mention du moment optimal de dégustation est appréciée par les clients. Et si le vin ne devient pas impropre à la consommation, «il est ensuite probable que les arômes se transforment».

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