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AlcoolLe vin peut être un plaisir quotidien, mais à petite dose

Boire un ou deux verres de vin par jour entraîne peu de risques pour la santé. Mais l'excès d'alcool a de fortes répercussions sur le cerveau, le foie, le cœur, tout en favorisant l'anxiété et la dépression.

par
Elisabeth Gordon
en collaboration avec planetesante.ch
Étienne Pruvot, cardiologue au CHUV, admet que le vin «puisse contenir des substances bénéfiques pour l'organisme», mais, rappelle-t-il, l'effet protecteur de cet alcool «n'a jamais été formellement démontré».

Étienne Pruvot, cardiologue au CHUV, admet que le vin «puisse contenir des substances bénéfiques pour l'organisme», mais, rappelle-t-il, l'effet protecteur de cet alcool «n'a jamais été formellement démontré».

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La consommation de vin fait partie intégrante de notre culture et sa production de notre économie. Il n'est donc pas surprenant que la boisson ait ses défenseurs acharnés dans le monde politique et viticole. Il est en effet facile, lorsqu'on lit l'abondante littérature scientifique consacrée à ce sujet, de souligner que tel ou tel composant du vin a une action anti-inflammatoire, qu'il retarderait l'apparition de démences, qu'il protégerait nos dents contre les bactéries pathogènes, etc.

Tout est dans la dose

Toutefois, «les preuves de ces bénéfices sont insuffisantes», souligne Jean-Bernard Daeppen, chef du Service d'alcoologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). En outre, raisonner ainsi «revient à comparer une souris à un mammouth, le pachyderme étant l'alcool». Car le vin, poursuit le médecin, «n'a pas un statut privilégié». Au même titre que la bière et les alcools forts (vodka, whisky, etc.), il contient de l'éthanol «qui est toxique et inducteur d'addiction». Toutefois, comme souvent, tout est question de dosage.

La courbe reliant la dose de vin consommée à ses effets sur l'organisme «a la forme d'un J», précise l'addictologue. En d'autres termes, boire de manière modérée, comme le fait 70% de la population suisse – c'est-à-dire 2 à 3 verres par jour pour les hommes et 1 à 2 pour les femmes, selon les recommandations en vigueur – équivaut quasi à l'abstinence, en matière d'effets. Les risques que l'on prend «sont faibles», bien qu'une consommation, même modeste, suffise à favoriser légèrement le développement du cancer du sein et du côlon. C'est ensuite que la situation commence à se gâter. À partir de 4 ou 5 verres quotidiens, la courbe dose/effets amorce sa montée, et au-delà de 7 à 8 verres, «elle devient très raide».

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