DrameLe violeur n'a laissé aucune chance à sa thérapeute
Le corps sans vie d'Adeline M. a été retrouvé vendredi près de Genève. La jeune maman avait disparu alors qu'elle escortait un dangereux violeur vers un centre de thérapie équestre. L'homme reste introuvable.
- par
- Laurent Grabet/Valérie Duby et agences
Le corps d'Adeline M., la jeune éducatrice disparue depuis hier matin alors qu'elle accompagnait un violeur à une thérapie dans un centre équestre genevois, a été retrouvé dans un sac à Genève, selon des sources concordantes. Domiciliée dans le canton de Vaud et âgée de 34 ans, elle était maman d'un enfant de 8 mois.
Après l'annonce inquiétante de cette disparition, révélée hier sur le site lematin.ch, les questions s'accumulent. Comment le détenu Fabrice A., condamné à dix ans pour viol, a-t-il pu bénéficier d'une sortie ? On sait que l'homme de 39 ans purgeait sa peine à la Pâquerette, établissement installé à Champ-Dollon mais dépendant également des hôpitaux universitaires, a-t-il pu bénéficier d'une «conduite accompagnée »?
Un avocat genevois nous explique que le but des détentions dans ce centre réservé aux détenus dangereux, «est aussi de leur apprendre à vivre en groupe et à l'extérieur. Il a donc sans doute été jugé que l'homme ne présentait pas de signes de dangerosité. Qui a pris la décision ? On en saura davantage dans la journée.
Fabrice A. est un dangereux violeur et hier matin, ce détenu s'est évaporé dans la nature. L'homme de 39 ans, né en France, se trouvait avec Adeline M., une éducatrice d'une trentaine d'années qui devait le conduire ce jour-là, seule, à une thérapie équine non loin de Genève. Il avait été condamné à 10 ans de prison pour viol aggravé avec violences voici quelques années pour des faits s'étant déroulés non loin de l'aéroport de Cointrin et au cours desquels il avait notamment enfermé une femme dans son coffre.
Policiers très inquiets
Fabrice A. était incarcéré et soigné au Centre de sociothérapie La Pâquerette, au sein de la prison de Champ-Dollon, un lieu réservé aux détenus perturbés. «On est très inquiets, confiait hier une source policière. Le pire scénario envisagé, c'est celui de Marie (ndlr: la jeune Vaudoise enlevée et tuée par Claude Dubois, assassin fraîchement libéré en mai dernier).»
Fabrice A. et Adeline M. auraient été vus pour la dernière fois hier matin à la place du Marché, à Carouge. Ils circulaient alors à bord d'une Citroën Berlingo blanche immatriculée GE 719 149. L'après-midi, d'après nos informations, le véhicule était déjà à des centaines de kilomètres de Genève. Une communication policière a été faite au niveau international.
Disparition signalée tardivement
Cette inquiétante disparition effective depuis 11h, heure du rendez-vous auquel le fuyard ne s'est pas présenté, n'a bizarrement été signalée que l'après-midi. Etonnant.
Cette évasion n'est pas sans rappeler celle de Jean-Louis B., assassin et violeur récidiviste, qui avait pris la tangente toute une semaine lors d'une surprenante sortie pique-nique campagnard aux Rasses (VD). Sans faire de victime sur sa route, heureusement.
Appel à témoins
Toutes les personnes pouvant fournir des informations sont priées de prendre contact sans délai avec la police cantonale au 0800 800 844.
Signalement de Fabrice A.: Homme, type caucasien, 181 cm, crâne rasé, porte des lunettes de vue. Il est vêtu d'un K-way bleu, d'une veste en mouton retourné, d'un pantalon brun multipoches, d'une casquette noire avec oreillettes.


