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Crash au MaliLe vol 5017 est tombé en spirale à grande vitesse

Les enquêteurs ont présenté leur premier rapport sur le vol 5017 d'Air Algérie qui s'est écrasé au Mali il y a deux semaines.

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Le MacDonnell Douglas d'Air Algérie s'est écrasé le 24 juillet 2014 au nord du Mali causant la mort de 116 personnes. Selon des experts, des lacunes de formation des pilotes serait la cause du crash. (Mardi 24 janvier 2017)

Le MacDonnell Douglas d'Air Algérie s'est écrasé le 24 juillet 2014 au nord du Mali causant la mort de 116 personnes. Selon des experts, des lacunes de formation des pilotes serait la cause du crash. (Mardi 24 janvier 2017)

AFP
Le BEA informe qu'un problème de givrage des capteurs a causé le crash de l'avion. (Samedi 4 avril 2015)

Le BEA informe qu'un problème de givrage des capteurs a causé le crash de l'avion. (Samedi 4 avril 2015)

Les enquêteurs ont présenté leur premier rapport sur le crash de l'avion d'Air Algérie. Ici Rémi Jouty, le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français (7 août 2014)

Les enquêteurs ont présenté leur premier rapport sur le crash de l'avion d'Air Algérie. Ici Rémi Jouty, le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français (7 août 2014)

AFP

Le vol AH5017 d'Air Algérie qui s'est écrasé au Mali il y a deux semaines, faisant 116 morts, est tombé en spirale à forte vitesse. Les enquêteurs ignorent en revanche pourquoi, d'autant que les conversations entre pilotes sont pour l'heure inexploitables. Un rapport d'étape sera publié à la mi-septembre.

Le président malien de la commission d'enquête et le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français ont néanmoins pu détailler jeudi devant la presse les données de navigation du vol récoltées depuis la catastrophe.

La dernière information enregistrée à une seconde de l'impact révèle que l'appareil «volait à 380 noeuds (740 km/h) avec une vitesse verticale descendante extrêmement importante», a précisé Rémi Jouty, le directeur du BEA.

Aucune hypothèse exclue

Il a souligné que les enquêteurs n'excluaient à ce stade aucune hypothèse sur les raisons du crash de l'avion qui reliait Ouagadougou à Alger, y compris celle d'une «action délibérée». Un rapport d'étape sera présenté à la mi-septembre, a précisé N'Faly Cissé, le président malien de la commission.

Rémi Jouty a confirmé que l'une des deux boîtes noires, celle qui enregistre les échanges entre les pilotes et avec les contrôleurs, était pour le moment «inexploitable». «Le signal sonore est inintelligible (...) Il est acquis que ce dysfonctionnement n'est pas le résultat du crash», a-t-il dit, précisant que les experts tentaient néanmoins de continuer à exploiter les bandes magnétiques.

Pour pallier ce problème, les enquêteurs vont collecter des informations auprès des organismes au sol ayant eu des contacts avec l'avion et des autres appareils présents dans la zone.

Écarts de route modérés

Les enquêteurs ont pu en revanche décrypter la seconde boîte noire contenant les paramètres de vol (vitesse, altitude) et déterminer une première trajectoire. L'avion, loué auprès de la société espagnole SwiftAir, s'est désintégré en s'écrasant, avec des débris dispersés sur plusieurs centaines de mètres.

L'étude des paramètres de vol n'a pas confirmé à ce stade l'hypothèse d'un lien direct entre les mauvaises conditions météorologiques et l'accident, malgré «de fortes variations en assiette longitudinale et en inclinaisons». «Les écarts de route modérés ressemblent à un équipage qui cherche à cheminer au mieux pour éviter un système orageux», a expliqué Rémi Jouty.

Après avoir atteint une altitude de croisière de 9500 mètres à une vitesse de croisière de 280 noeuds (518 km/h), l'appareil diminue progressivement sa vitesse à 160 noeuds (296 km/h). «Au bout d'un certain temps, l'altitude diminue aussi légèrement», a dit le directeur du BEA.

Identifications des victimes

Sur la partie finale, au nord du Mali, l'avion part en virage à gauche et se met à perdre rapidement de l'altitude, puis continue à descendre tout en continuant à tourner jusqu'au point d'impact. Rémi Jouty a infirmé la thèse d'une désintégration en vol, car les débris sont relativement rassemblés autour du point d'impact.

Le BEA mène une enquête purement technique qui n'a pas pour but de rechercher et de déterminer les responsabilités pénales, du ressort de la justice. Sur le plan judiciaire, trois enquêtes ont été ouvertes: au Mali, en France et au Burkina Faso.

Parallèlement, les gendarmes français envoyés sur la zone de l'accident sont revenus mercredi en France avec les restes humains prélevés à des fins d'identification des victimes. Ils espèrent pouvoir identifier la quasi-totalité d'entre elles. Cinquante-quatre Français figurent parmi les victimes.

(AFP)

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