Européens de Munich: Le VTT est sorti de son milieu naturel

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Européens de MunichLe VTT est sorti de son milieu naturel

En Bavière, le parcours de cross-country est artificiel et dénué de réelles difficultés. Les coureurs s’adaptent sans grogner.

par
Emmanuel Favre
(Munich)
A Munich, Jolanda Neff fera du vélo de montagne loin des montagnes.

A Munich, Jolanda Neff fera du vélo de montagne loin des montagnes.

IMAGO/Rolf Simeon

En dix jours, les spécialistes de VTT (cross-country) n’ont pas seulement changé de continent après avoir pris part à deux manches de Coupe du monde au mont Sainte-Anne (Canada) les 6 et 7 août.

Ils ont eu l’impression de changer de monde lorsqu’ils ont pris leurs quartiers dans le Parc olympique de Munich, où les titres continentaux seront décernés vendredi (hommes dès 17h) et samedi (femmes dès 12h).

La raison: ils sont passés d’un milieu naturel - le décor québécois est l’un des hauts lieux de la saison de Coupe du monde – à un environnement artificiel. «Ici, tout a été fabriqué, constate le Tessinois Filippo Colombo (24 ans), victorieux de la short race au Canada. C’est joli, cela va plaire au public, mais cela n’est pas très technique.»

«Je ne dirais pas que c’est facile, je dirais que c’est différent.»

Jolanda Neff, en évoquant le tracé munichois


Dans l’encadrement de Swiss Cycling, on redoute que le profil ne soit pas le plus compatible avec les qualités et les caractéristiques des athlètes helvétiques (il y aura sept hommes et huit femmes au départ), qui ont l’habitude de négocier les pièges d’un terrain naturel. A Munich, où le stade d’arrivée est le même que celui qui avait accueilli les trois courses de triathlon en fin de semaine dernière, il est possible d’anticiper les obstacles. «Je ne dirais pas que c’est facile, nuance la championne olympique saint-galloise Jolanda Neff (29 ans), qui reste sur deux succès au mont Sainte-Anne. Je dirais simplement que c’est différent. Notre sport évolue et c’est à nous de nous adapter aux topographies qui nous sont proposées.»

Taillé pour Pidcock

Dans ce type d’épreuves, où le degré de difficulté est peu élevé, le départ aura encore une plus grande importance que d’ordinaire. Positionnés dans l’ordre de leur classement international, les cyclistes effectueront une boucle qui s’annonce rugueuse autour d’un petit lac avant de s’enfiler sur la colline. 

Thomas Pidcock à l’entraînement sur le parcours artificiel de Munich.

Thomas Pidcock à l’entraînement sur le parcours artificiel de Munich.

AFP

La course masculine semble taillée pour le Britannique tout terrain Tom Pidcock. Vainqueur en solitaire de l’étape de l’Alpe d’Huez du Tour de France 2022, le coureur de l’équipe Ineos est aussi champion olympique en titre de VTT et champion du monde 2022 de cyclocross.

«Il peut pleuvoir, c’est bien!»

Jolanda Neff

Chez les dames, Jolanda Neff ne cache pas qu’elle «s’apprête à disputer les deux compétitions les plus importantes de la saison», les Championnats du monde étant programmés le 28 août aux Gets. «Disons que j’ai digéré le décalage horaire et que je me sens bien», ajoute-t-elle. Malicieuse: «En plus, il pourrait pleuvoir, c’est bien!» Elle s’était parée de l’or olympique et avait souri au mont Sainte-Anne dans le crachin.

Comme quoi le parcours artificiel n’est pas un obstacle à l’ambition. «Au contraire, reprend Filippo Colombo. Pour notre sport, pour son développement, je pense même que c’est bien que nous sortions de temps à autre de notre milieu naturel. Allons vers le public.»

Filippo Colombo a remporté la short race au mont Sainte-Anne il y a 12 jours.

Filippo Colombo a remporté la short race au mont Sainte-Anne il y a 12 jours.

IMAGO/ZUMA Wire


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