Suisse: L’écart grandit entre les hauts et les bas salaires, dénonce Unia

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SuisseL’écart grandit entre les hauts et les bas salaires, dénonce Unia

Les dirigeants d’une quarantaine de grands groupes suisses ont gagné l’an dernier en moyenne 141 fois plus que leurs employés les moins bien payés, selon une étude du syndicat.

Le fossé se creuse entre les bas et les hauts revenus en Suisse, constate le syndicat Unia.

Le fossé se creuse entre les bas et les hauts revenus en Suisse, constate le syndicat Unia.

Tamedia

Au sein du groupe Roche, l’employé le moins bien payé devrait travailler 307 ans pour toucher l’équivalent du salaire annuel du PDG Severin Schwan. Le syndicat Unia a publié vendredi les résultats d’une étude sur les écarts salariaux en Suisse. Inspectant les conditions salariales des 43 plus grands groupes suisses (lire encadré), le document conclut que le fossé s’est creusé en 2021.

En moyenne, la personne la mieux payée dans ces entreprises a gagné l’an dernier 141 fois plus que l’employé le moins bien rémunéré. Un an plus tôt, le facteur de multiplication était encore de 136, souligne Unia qui réclame une hausse générale des salaires.

L’écart entre les bas et les hauts revenus en 2021 au sein de 10 grands groupes suisses.

L’écart entre les bas et les hauts revenus en 2021 au sein de 10 grands groupes suisses.

Source: syndicat Unia

Le syndicat estime, en résumé, que les bénéfices réalisés par ces entreprises et redistribués aux actionnaires seraient suffisants pour octroyer des hausses de salaires généralisées aux employés.  Dans la moitié des entreprises analysées, souligne Unia, les revenus les plus faibles sont inférieurs à 50’712 francs par an.

«Ces salaires sont donc nettement inférieurs au seuil des bas salaires, qui correspond en Suisse à 53’320 francs», écrit Unia qui démontre qu’en Suisse, les salaires réels (avec prise en compte de l’évolution du pouvoir d’achat) des 10% les plus modestes n’ont augmenté que de 0,5% entre 2016 et 2020, alors que ceux des 10% les plus élevés ont progressé de 4%. Les salaires des grands patrons ont même fait un bond de 12% selon l’étude.

D’après le syndicat, «si l’on souhaite atténuer les inégalités salariales et faire progresser les bas salaires, les augmentations générales sont à court terme le moyen le plus efficace». Dans cette période marquée par l’inflation et une possible hausse notoire des primes d’assurance maladie, «ces augmentations générales deviennent urgentes», conclut Unia.

Méthodologie

L’étude porte sur 43 entreprises, dont 39 sont cotées en bourse. Cela correspond à environ un sixième des 232 entreprises cotées en Suisse. 20 de ces 39 entreprises font partie du groupe des 20 plus grands titres du Swiss Performance Index (SPI), qui constituent le Swiss Market Index (SMI). Les résultats sont donc représentatifs de l’évolution des salaires dans les plus grandes entreprises suisses, indique Unia. Depuis 2012, le salaire le plus élevé d’un membre de la direction du groupe (en général le PDG) est comparé au salaire le plus bas versé dans la même entreprise en Suisse. Jusqu’en 2011, le salaire moyen des membres de la direction du groupe était utilisé comme valeur de comparaison.

(Comm/jba)

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