Genève: L’économie va panser ses plaies l’an prochain
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GenèveL’économie va panser ses plaies l’an prochain

La reprise de l’industrie manufacturière et l’apport du secteur chimique et pharmaceutique vont soutenir la conjoncture genevoise en 2021, croit savoir la Banque cantonale de Genève (BCGE).

L’économie genevoise devrait plus ou moins retomber sur ses pieds l’année prochaine, après les turbulences causées par la pandémie de Covid-19.

L’économie genevoise devrait plus ou moins retomber sur ses pieds l’année prochaine, après les turbulences causées par la pandémie de Covid-19.

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L’économie genevoise devrait plus ou moins retomber sur ses pieds l’année prochaine, après les turbulences causées par la pandémie de Covid-19. La Banque cantonale de Genève (BCGE) prévoit un recul du produit intérieur brut (PIB) cantonal de 4% en 2020, suivi d’une croissance de 4% l’année prochaine.

La reprise de l’industrie manufacturière et l’apport du secteur chimique et pharmaceutique vont soutenir la conjoncture genevoise, grâce à la croissance du commerce international, prédit mercredi la BCGE. Cette situation favorable contraste avec celle du tourisme – et plus particulièrement l’hôtellerie-restauration – qui n’a pas terminé de manger son pain noir.

«Genève souffre. Genève a une contraction plus forte de son PIB par rapport à la Suisse, un recul de l’ordre de 8% au deuxième trimestre. Mais Genève a de quoi résister», a expliqué en conférence de presse virtuelle Valérie Lemaigre, économiste en chef de la BCGE. La part de 40% des exportations dans le PIB cantonal constitue l’un des avantages.

Des secteurs ont résisté

L’industrie manufacturière couvre 80% des livraisons à l’étranger de Genève, contre 13% pour la chimie-pharma. «La reprise des exportations est manufacturière et redonne des perspectives aux entreprises, qui recommencent à investir», argumente Valérie Lemaigre.

L’hôtellerie-restauration pèse à hauteur de 5% sur le PIB genevois – davantage que les 3,4% à l’échelle suisse – et 5% au niveau de l’emploi dans le canton. «Par contre, 95% de ces emplois sont ceux de PME, pas de grandes chaînes.»

Dans la vente au détail, 20% des postes sont rattachés à la grande distribution. Ce secteur a bien résisté grâce notamment aux ventes en ligne, malgré une activité de consommation toujours en berne.

L’immobilier encore plus cher

Parallèlement, l’épargne de précaution a très fortement augmenté, avec un impact sur l’investissement immobilier. À Genève, les prix ont augmenté de 13% pour les maisons individuelles, malgré la cherté de ces biens avant la crise. «Ces transactions se font en cash, car nous n’avons pas assisté à une explosion des crédits hypothécaires», remarque Valérie Lemaigre.

À l’échelle de la Suisse, une contraction du PIB de 2,9% est attendue pour cette année, suivie d’une progression de 3,2% en 2021. Ces prévisions s’éloignent sensiblement de celles brossées par la BCGE en juin, plaçant la barre à respectivement -3,9% et +4,2%.

Valérie Lemaigre explique cette différence par des variations statistiques. «Le choc (sur l’économie) reste aussi fort qu’on pouvait le craindre», a-t-elle averti lors d’une conférence de presse virtuelle. Grâce à la pharma, principal secteur d’exportation, la Suisse a mieux résisté que d’autres pays européens, où le tourisme pèse davantage sur le PIB comme l’Espagne ou l’Italie.

Cryptomonnaies à éviter

La BCGE a également élaboré toute une série de recommandations à l’adresse des entreprises, notamment revoir leur stratégie afin d’intégrer les dispositifs de confinement ou de transaction économique. La diversification géographique et des canaux de distribution (géographique et numérique) sont également conseillés.

Un renforcement des fonds propres et des plans de prévoyance professionnelle – afin d’augmenter la valeur de marché de la société – figurent également parmi les pistes, a souligné Virginie Fauveau, membre de la direction et responsable de la division Entreprises.

En revanche, l’investissement dans les cryptomonnaies est à proscrire, un conseil également valable pour les particuliers. Ces devises numériques ne reposent sur rien et constituent un risque trop important, selon Virginie Fauveau.

(ATS/NXP)

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