L’Écossais pauvre risque plus de mourir d’abus d’alcool que le riche
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ÉtudeL’Écossais pauvre risque plus de mourir d’abus d’alcool que le riche

Les taux de décès liés à l’alcool sont cinq fois plus élevés dans les milieux défavorisés et les séjours à l’hôpital y sont jusqu’à huit fois plus nombreux.

par
Michel Pralong
Le gouvernement a introduit un prix minimum pour l’unité d’alcool, mais il n’a pas suffi à décourager les plus dépendants.

Le gouvernement a introduit un prix minimum pour l’unité d’alcool, mais il n’a pas suffi à décourager les plus dépendants.

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L’alcool est décrit comme la drogue de choix en Écosse par Alcohol Focus Scotland, une organisation de charité qui lutte contre l’alcoolisme. En 2020, 1190 personnes sont décédées dans le pays d’une cause entièrement attribuable à l’alcool, soit près de 23 personnes par semaine, selon les données officielles des services de la santé. Ce taux de mortalité a augmenté entre 2019 et 2020, augmentation largement due aux décès chez les hommes de 45 ans et plus. En outre, 21 480 personnes en Écosse ont été admises dans un hôpital général de courte durée avec un diagnostic lié à l’alcool en 2020/21.

Mais en observant les statistiques, Public Health Scotland (PHS), l’office de la santé publique, a trouvé des «inégalités flagrantes» entre les adultes les plus pauvres et les plus riches qui consomment de l’alcool. Les taux de décès liés à l’alcool sont cinq fois plus élevés dans les communautés les plus pauvres d’Écosse. Et les séjours à l’hôpital liés à l’alcool sont près de huit fois plus nombreux chez les Écossais les plus démunis, explique la BBC.

Prix minimum

Pour tenter de réduire cette consommation d’alcool, le gouvernement écossais a introduit en 2018 un prix minimum pour l’alcool, fixé à 50 pence (60 centimes) par unité d’alcool. Ce qui fait par exemple que le litre de vodka est à 18.75 livres (22.25 francs). Des appels ont déjà été lancés pour augmenter ce prix à 65 pence l’unité (75 centimes), le litre de vodka passant alors à 29 francs.

Mais dans un rapport précédent, PHS avait déjà constaté que ce prix minimum n’avait visiblement eu aucun effet sur les buveurs les plus invétérés. Les personnes les plus dépendants soit passent à un alcool moins cher, soit dépensent moins pour la nourriture et leurs factures pour pouvoir se payer de l’alcool.

Près d’un quart (24%) des adultes en Écosse boit toujours plus que la recommandation de consommation hebdomadaire à faible risque (14 unités d’alcool). Et ce sont ceux du groupe de revenu le plus bas qui sont susceptibles de consommer le plus.

La directrice générale de Alcohol Focus Scotland, Alison Douglas a déclaré: «Avec la récente augmentation des décès dus à l’alcool, la réduction de la quantité d’alcool que nous buvons doit rester une priorité. Pour garantir que nous tirons le meilleur parti de la tarification unitaire minimale, le gouvernement écossais doit optimiser le prix, en l’alignant au moins sur l’inflation. Parallèlement à cela, nous avons besoin de restrictions sur le marketing agressif de l’alcool et de réduire sa disponibilité dans nos communautés».

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