Coronavirus - L’efficacité des vaccins baisse avec le temps

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CoronavirusL’efficacité des vaccins baisse avec le temps

Après quelques mois, une personne vaccinée voit le risque d’être infectée augmenter, selon une étude britannique. C’était attendu et pas forcément inquiétant.

par
Michel Pralong
Selon l’étude, l’efficacité du vaccin Pfizer passe de 88% après un mois à 74% après cinq à six mois.

Selon l’étude, l’efficacité du vaccin Pfizer passe de 88% après un mois à 74% après cinq à six mois.

AFP

L’efficacité des vaccins à nous protéger d’une infection par le coronavirus diminue avec le temps. Cela semblait assez probable, mais une vaste étude britannique est parvenue à chiffrer cette baisse d’efficacité. Ainsi, pour le vaccin Pfizer, sa protection de 88% un mois après avoir reçu la deuxième dose passe à 74% après cinq ou six mois. Pour l’Astra Zeneca, l’autre vaccin principalement utilisé dans le pays, cette proportion passe de 77% après un mois à 67% au bout de quatre à cinq mois.

L’étude a été menée par le King’s College de Londres et la société de collectes de données ZOE. Plus de 1,2 million de Britanniques vaccinés avant le 3 juillet ont été surveillés entre le 26 mai et le 31 juillet pour savoir s’ils se révélaient positifs au coronavirus.

Pas une raison de ne pas se faire vacciner

Selon le professeur Tim Spector, à l’origine de cette étude, «une protection décroissante est à prévoir et ce n’est pas une raison pour ne pas se faire vacciner», rapporte la BBC. Il estime même que la protection pourrait baisser à 50% d’ici cet hiver. Et cette baisse d’efficacité pourrait expliquer un récent pic d’infections signalé chez les personnes vaccinées.

Si cette baisse d’efficacité peut entraîner un risque plus élevé d’être infecté sans symptôme, voire avec des symptômes légers, les vaccins demeurent toutefois efficaces contre les formes graves de la maladie, comme le montrent d’autres études. «C’est donc encourageant de constater que les personnes qui ont reçu deux doses sont toujours très bien protégées contre les maladies graves, ce qui est notre objectif principal», a déclaré le professeur Adam Finn, qui siège au Comité conjoint sur la vaccination et l’immunisation (JCVI) , cité par le «Daily Mail». «Mais nous devons faire être très attentif et observer si ce déclin commence à se traduire par l’apparition de cas plus graves. Des rappels seront alors nécessaires».

Troisième vaccin ou pas?

La question se pose en effet de plus en plus: va-t-il bientôt falloir lancer une campagne pour un troisième vaccin? Le Royaume-Uni envisage de commencer à proposer cette possibilité à certains dès le mois prochain, mais attend les recommandations du JCVI. «Beaucoup de gens n’en ont peut-être pas besoin, estime Tim Spector. Beaucoup de gens ont peut-être eu un rappel naturel parce qu’ils ont déjà eu une infection naturelle, c’est comme s’ils avaient eu déjà trois vaccins. Je pense donc que tout cela doit être examiné soigneusement plutôt que de simplement administrer cette troisième dose à tout le monde, ce qui serait un énorme gaspillage et éthiquement douteux compte tenu des ressources dont nous disposons. Je pense que nous avons besoin d’une approche plus ciblée que la dernière fois».

Adam Finn a lui laissé entendre que le JCVI arrêterait de recommander cette troisième piqûre pour les personnes âgées en bonne santé jusqu’à ce que davantage de preuves de ses avantages apparaissent.

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