Monténégro: Législatives: Djukanovic au verdict des urnes
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MonténégroLégislatives: Djukanovic au verdict des urnes

La politique pro-occidentale du Premier ministre sortant sera au verdict des urnes dimanche lors des élections législatives.

Le Premier ministre Milo Djukanovic lors d'un discours en amont des législatives. (Vendredi 14 octobre 2016)

Le Premier ministre Milo Djukanovic lors d'un discours en amont des législatives. (Vendredi 14 octobre 2016)

AFP

L'opposition espère mettre un terme lors des élections législatives de dimanche à un quart de siècle de pouvoir du Premier ministre sortant Milo Djukanovic, qui a demandé à ses compatriotes de confirmer son choix d'arrimer le Monténégro à l'Occident.

«Le scrutin va définitivement trancher si le Monténégro va rejoindre l'Otan (...) car une partie de l'opposition insiste clairement pour arrêter ce processus», a déclaré Zlatko Vujovic, directeur du Centre de recherches et d'observation, un organisme qui surveille les scrutins dans ce pays.

Le Monténégro négocie une adhésion à l'Union européenne depuis 2012 et a été invité à rejoindre l'Otan en décembre 2015.

Cette invitation a froissé la Russie, allié traditionnel, depuis plusieurs siècles, de la petite république ex-yougoslave d'environ 620'000 habitants, dont la majorité de confession orthodoxe.

Le défi de former une majorité

Moscou a mis en garde Podgorica contre les conséquences d'une adhésion à l'Otan.

Dimanche, le Parti démocratique des socialistes (DPS) de Milo Djukanovic se présentera aux élections en favori, mais selon les analystes, former une majorité et un gouvernement stables sera cette fois un véritable défi.

Les sondages d'opinion ne sont pas publiés, mais selon le plus récent, que l'AFP a pu consulter, le DPS est crédité de moins de 40% des intentions de vote.

«Même si le DPS arrive à former une majorité avec ses alliés, elle sera instable», estime Zlatko Vujovic.

L'année dernière, le Premier ministre sortant a été confronté à une vague de manifestations anti-gouvernementales, parfois violentes, orchestrées par l'opposition prorusse qui conteste ses choix pro-occidentaux.

Choisir entre l'Occident et la Russie

Pour Milo Djukanovic, 54 ans, les électeurs décideront dimanche entre des liens étroits avec l'Occident ou avec la Russie, qu'il accuse de financer le principal parti d'opposition, le Front démocratique.

«Allons-nous faire partie de la société européenne développée ou serons-nous une colonie russe?», a lancé à ses sympathisants, lors d'un ultime meeting électoral à Podgorica, l'homme qui a mené le Monténégro à l'indépendance en 2006.

Le Monténégro a été un des premiers pays à reconnaître l'indépendance du Kosovo en 2008, avant de s'associer en 2014 à la politique occidentale de sanctions économiques contre la Russie lors de la crise ukrainienne, autant de décisions qui ont déplu à Moscou.

Les Russes, qui étaient les premiers investisseurs du pays depuis 2006, notamment dans l'immobilier et le secteur crucial du tourisme, se sont désengagés.

Investissements russes divisés par 2

En 2015, les investissements russes ont été quasiment divisés par deux (122,6 millions d'euros en 2014, 68,9 millions d'euros en 2015), avant de s'effondrer encore sur les six premiers mois de 2016 (22 millions d'euros), selon les chiffres de la banque nationale. Les Russes constituent un tiers des touristes du pays.

Le Front démocratique se propose de renverser cette tendance, appelle à des liens plus fermes avec la Russie, s'oppose à une adhésion à l'Otan, exigeant même un référendum sur la question. Ce parti est aussi contre une adhésion à l'UE.

«Nous allons mettre un terme au pouvoir du gang de Djukanovic», a lancé vendredi Predrag Bulatovic, un des leaders du Front démocratique, lors d'un meeting électoral à Podgorica.

Les questions économiques au centre

Selon les études d'opinion, si l'UE bénéficie du soutien de la majorité des Monténégrins, ce n'est le cas que d'un peu plus d'un tiers de la population pour l'adhésion à l'OTAN.

Mais Ljubo Filipovic, ancien adjoint au maire de la ville côtière de Budva, estime que la plupart des citoyens sont plus intéressés par des questions économiques.

A la place, ils héritent de questions de rivalités géopolitiques, moyen par lequel Milo Djukanovic détourne, selon lui, leur attention des problèmes intérieurs. «C'est comme cela que nous nous sommes retrouvés coincés avec lui 27 ans durant», a-t-il déclaré à l'AFP.

Les bureaux de vote seront ouverts de 05h00 GMT à 18h00 GMT.

(AFP)

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