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Elections en ArgentineLégislatives: Macri s'impose et Kirchner est élue

Le président argentin Mauricio Macri a remporté dimanche les élections législatives argentines de mi-mandat. Cristina Kirchner a été élue sénatrice.

En remportant les législatives, le président argentin de centre-droit consolide son pouvoir au Parlement, ce qui va lui permettre de poursuivre ses réformes libérales.

«C'est un jour inoubliable», s'est félicité le chef d'Etat devant ses partisans. «Aujourd'hui, nous avons confirmé notre engagement pour le changement». La coalition Cambiemos arrive en tête dans 14 provinces sur 24, notamment dans les cinq provinces les plus importantes du pays (Capitale, Buenos Aires, Cordoba, Santa Fe, Mendoza), selon l'autorité électorale.

Les projections en sièges ne seront connues que lundi, mais le gouvernement est assuré de renforcer sa présence dans les deux chambres du Parlement.

La coalition de centre-droit, au pouvoir depuis décembre 2015, ne dispose actuellement que d'une majorité relative (87 sièges de députés sur 257, 15 sur 72 au Sénat). Une projection de la chaîne de télévision TN lui donnait dimanche soir 108 sièges à la chambre des députés et 25 au Sénat.

Kirchner au Sénat

Pour son retour électoral après deux ans sans mandat, l'ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015) a été élue sénatrice. Elle s'assure ainsi une immunité parlementaire qui lui évitera la prison, si elle est condamnée dans une des affaires de corruption dans lesquelles elle est inculpée.

En revanche, elle ne semble plus en mesure de briguer à nouveau la présidentielle. «Nous devons être fiers de ce résultat», a-t-elle lancé, se présentant comme «l'opposition la plus ferme à ce gouvernement».

Le résultat de la coalition au pouvoir «permettra au président de négocier avec les gouverneurs (de l'opposition) et les syndicats en position de force», a souligné le politologue Rosendo Fraga. La province de Buenos Aires attirait dimanche tous les regards.

Dans cette province, rassemblant près de 40% des électeurs du pays, le candidat de Cambiemos, Esteban Bullrich, totalisait 41,4% des voix devant la liste de Cristina Kirchner (37,3%).

Libéralisation

Les listes de la coalition gouvernementale sont encore plus largement en tête dans la capitale (51% contre 22% à la 2e liste), dans les provinces de Cordoba (48% contre 30%), Santa Fe (39% contre 25%) et Mendoza (46% contre 25%), selon la même source.

Depuis son élection voici deux ans, Mauricio Macri a libéralisé la troisième économie d'Amérique latine. Les résultats ont tardé à se matérialiser et l'inflation reste forte (17% depuis le début de l'année), mais la croissance est repartie: 1,6% au premier semestre et un pronostic de 3% pour 2017.

Soucieux d'attirer des investissements étrangers, le gouvernement consolide son pouvoir et démontre qu'il est en mesure de contrer une tentative de retour électoral de Mme Kirchner, battue par un candidat du pouvoir peu charismatique.

Alors que dans certains pays, le président en exercice reste en retrait des campagnes électorales, Mauricio Macri a mis tout son poids dans la bataille pour augmenter l'emprise de Cambiemos au Parlement.

Menem échappe encore à la justice

«J'ai voté pour les candidats du gouvernement. Je suis loin d'être convaincu, mais j'avais voté pour Mauricio Macri en 2015. Le plus important c'est que Mme Kirchner ne revienne pas», a déclaré Sergio Peroti, un instituteur de 48 ans, après avoir voté dans la capitale.

En 2015, l'ex-présidente ne pouvait pas briguer un troisième mandat consécutif et n'avait pas postulé pour un siège de parlementaire. L'immunité parlementaire en Argentine permet de ne pas être emprisonné en cas de condamnation.

A 87 ans, l'ex-président Carlos Menem (1989-1999) a été élu sénateur. Condamné à 7 ans de prison pour vente d'armes vers la Croatie et l'Equateur malgré un embargo international, il décroche un mandat lui assurant la liberté jusqu'en 2021.

Si Mme Kirchner n'est pour l'instant qu'inculpée, depuis un an et demi plusieurs de ses proches ont été emprisonnés, dont l'homme d'affaires Lazaro Baez et un ancien membre du gouvernement, José Lopez.

(ats)

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