ÉcoloLego veut tourner la page du pétrole
La firme danoise a ouvert un centre de recherches et engagé plus de cent scientifiques pour remplacer les pièces en plastique par des pièces «durables».
- par
- Fabien Darvey

Lego utilise annuellement 6000?tonnes de plastique pour produire ses briques.
Six mille tonnes. C'est la quantité de plastique qu'a utilisée Lego l'année dernière pour produire ses 60 milliards de briques et autres pièces d'emballage. Un chiffre qui devrait appartenir au passé tant l'entreprise investit dans la recherche.
La société danoise a dépensé 1 milliard de couronnes (environ 140 millions de francs) dans son nouveau projet. Un virage commencé en 2014 avec le non-renouvellement de son partenariat avec le pétrolier Shell. Une première depuis les années 1960. Une initiative qui réjouit Greenpeace, l'organisation de protection de l'environnement dénonçant régulièrement les industries polluantes. «C'est une bonne nouvelle car nous sommes convaincus qu'il existe des alternatives au plastique et que les entreprises peuvent se donner les moyens de changer», déclare Françoise Minarro, porte-parole de l'ONG.
Changer mais sans se presser
L'objectif pour Lego? Une similarité parfaite entre les briques en plastique et celles produites par de nouveaux matériaux durables et biologiques. «C'est une conséquence logique qui suit en quelque sorte la vague du bio, analyse Ulrich Schädler, directeur du Musée suisse du jeu à La Tour-de-Peilz. Les entreprises répondent à une demande des parents qui veulent des produits durables qui ne soient pas dangereux pour la santé de leurs enfants.»
La firme danoise se laisse cependant du temps. Le nouveau mode de fabrication ne devrait cependant pas intervenir avant… quinze ans. L'entreprise estime qu'il n'existe actuellement pas de substitut satisfaisant.
La compagnie ne veut pas de n'importe quel matériau. Celui-ci devra répondre aux mêmes garanties et exigences de qualité souhaitées par la marque. Au point d'avoir la même résistance et de faire le même bruit à l'assemblage. Quoi qu'il en soit, les nouvelles matières devront être moins chères que le plastique.
Difficile encore de mesurer l'impact de ce changement pour le numéro deux du jouet. Une étude a montré que seuls 55% des clients sont prêts à payer plus pour des produits plus «verts». Une perspective qui ne semble pas inquiéter Lego outre mesure. La société a vu son bénéfice net atteindre 1,01 milliard de francs en 2014, contre près de 873 millions l'année précédente.